Lyon: dépôt de plainte collectif contre «la garde-à-vue géante» du 21 octobre

JUSTICE La police avait encerclé la place Bellecour lors des manifestations contre les retraites pour «isoler les casseurs»...

C.B.

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Le 21 octobre dernier, place Bellecour. La police fouille les sacs et contrôle l'identité des personnes retenues toute la journée.

Le 21 octobre dernier, place Bellecour. La police fouille les sacs et contrôle l'identité des personnes retenues toute la journée. — E. FOUDROT / 20 MINUTES

Ils réclament des comptes sur ce fameux 21 octobre. Vendredi, 18 personnes et 25 organisations ont déposé plainte auprès du procureur de la République de Lyon afin de demander l’ouverture d’une enquête sur des «mesures de police particulièrement attentatoires aux libertés individuelles», souligne leur avocat, Bertrand Sayn.

Ce jour-là, place Bellecour, alors qu’une manifestation contre la réforme des retraites s'organisait, des centaines de personnes ont été encerclées pendant plusieurs heures par des cordons de policiers qui avaient ordre ne laisser passer aucun individu. L’objectif était, selon le préfet du Rhône de l'époque, Jacques Gérault, de pouvoir «isoler les casseurs» qui saccageaient le centre-ville de Lyon depuis plusieurs jours.

Flash-ball, canon à eau et gaz lacrymogène

Les plaignants souhaitent également des investigations sur l’usage abusif du flash-ball, d’un canon à eau et de gaz lacrymogène contre les personnes présentes sur la place mais aussi sur des faits de violences et de discrimination au faciès. «Ces mesures, qui ont coupé une manifestation, nous paraissent totalement disproportionnées», précise l’avocat.

Le procureur de la République de Lyon, Marc Désert, a désormais trois mois pour répondre à ce dépôt de plainte. «Si la première procédure n’aboutit pas, nous saisirons alors un juge d’instruction», a indiqué Roland Calba, d’Attac.