La grogne monte à Jean-Moulin (5e). Pour la deuxième fois depuis un mois, les lycéens, qui craignent d'être reversés à la rentrée 2011 dans l'établissement voisin de Saint-Just, vont manifester aujourd'hui. Entre 10 et 12 h, ils refuseront d'aller en cours pour rappeler leur « inquiétude » dans la cour de la cité scolaire. Une action, suivie à 60 % le 6 décembre dernier, qui fait suite à la manifestation lancée par le Collectif pour l'avenir de Jean-Moulin devant le siège de la Région le 16 décembre. « Cela nous tenait à cœur de mettre en place notre propre action, sans les professeurs et parents d'élèves. Personnellement, je suis excédé par cette situation qui s'inscrit dans la droite lignée des réformes Darcos. On cherche à détruire l'un des derniers établissements à taille humaine qui fonctionne », peste Antoine Meunier, élève de Terminale ES.
Une occupation des locaux ?
Car Jean-Moulin, bien équilibré avec environ 600 collégiens et 500 lycéens, accueillerait en septembre prochain les 450 collégiens de Saint-Just, ses lycéens faisant le chemin inverse pour former un « hyperlycée » de 1 700 élèves dans l'établissement voisin. « Les choses semblent être décidées avant même le vote des élus de la Région, regrette Michel Maillot, vice-président de la PEEP à Jean-Moulin. En même temps, nous savons que le conseil général a prévu deux éventualités pour sa prochaine sectorisation scolaire, en fonction de la fermeture du collège à Saint-Just ou non. »
Le flou artistique semble régner, malgré des rencontres entre le Collectif et des élus régionaux le 16 décembre, ainsi que le soutien affiché de Maxime Huré (Europe Écologie). « Cette année est décisive et ils ne peuvent pas nous laisser ainsi dans le doute. Mais quand je vois qu'il n'y a aucune feuille de route… », soupire Antoine Meunier, qui envisage dans un proche avenir « une occupation des locaux ». De son côté, le Collectif pour l'avenir de Jean-Moulin espère un conseil d'administration exceptionnel d'ici la fin du mois avec les élus de la Région, « pour enfin clarifier cette situation un peu boiteuse ».