Quelque tops et beaucoup de flops. L'édition 2010 de la Fête des Lumières, lancée mercredi soir, à 18h et quelques minutes par le maire PS de Lyon, Gérard Collomb, devant plusieurs milliers de personnes, place Bellecour (2e), manque d'éclat, surtout en presqu'île.
Les mises en lumières sont très statiques, comme sur la place des Terreaux (1er), qui fait pourtant partie des lieux incontournables de la déambulation du 8-Décembre. «C’est assez peu spectaculaire, c’est comme ça tout le temps?», demande Michel, fonctionnaire, venu de Montpellier, en observant la mise en couleurs de la fontaine Bartholdi par Patrice Warrener.
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Les spectateurs restent peu de temps sur la place plongée dans la pénombre, alors que ses façades servaient de support de projections hautes en lumière les précédentes passées. Point positif: la circulation piétonne est pour une fois plutôt fluide pour rejoindre et quitter la place.
La fermeture de plusieurs rues provoque la colère des commerçants
Mais la fermeture de plusieurs rues provoque la colère des commerçants, notamment rue Puits-Gaillot, qui relie la place de la Comédie à la place des Terreaux en longeant l’Hôtel de Ville. «La police a entièrement barré la rue, juste devant notre brasserie. Personne ne nous avait tenu au courant que la rue serait fermée aux deux extrémités. Les clients ne viennent pas alors que le 8 décembre est une des plus grosses journées de l’année», regrette-t-on au café Le Moulin-Joli.
Les restaurant à kébabs de la rue sont eux aussi privés de clientèle, mais trouvent rapidement la parade. Les vendeurs viennent chercher les commandes au pied des barrières, à côté des policiers, et font d‘incessant allers-retours en courant pour livrer les sandwiches.
Ailleurs, les réactions du public sont tièdes, comme le temps, inhabituellement clément pour un 8 décembre. Place des Célestins, devant les transformations de la façade du théâtre par l'équipe de 1024 Architecture, les avis sont partagés: «Que c'est laid», lance une spectatrice en quittant la place, où grimace un masque de style Maya, pendant que d'autres apprécient l'originalité de l'animation, qui transfigure les murs.
Les pentes décevantes
Entre Fourvière et Saint-Jean, le soleil n'a pas eu rendez-vous avec la lune puisque la lune, après 21h, est redescendue de sa grue. Comme sur les pentes de la Croix-Rousse, la magie n'opère pas. «Je suis vraiment déçue, note Anne, habitante de la Croix-Rousse. Sur le programme, l'animation de la rue Burdeau avait l'air bien. En fait, c'est râté.»
Place de la République, l'ambiance est davantage poétique. Les apparitions de figures sur les jets d'eau séduisent le public. Mais il faut être dans le bon axe pour pouvoir apprécier le petit spectacle «Un air du large» de Marie Jeanne-Gauthé. Autrement, de côté, le bassin reste vert et blanc. A l'église Saint-Nizier, les spectacteurs applaudissent le son et lumières «Monument Air» librement inspiré du film Un château dans le ciel du japonais Hayao Miazaki. Le spectacle a comme un air de déjà vu, mais fonctionne bien: la végétation foisonnante qui envahit la façade du lieu de culte suscite l'émerveillement.
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Seul moment de féérie, le parc de la Tête d'Or
Mais dans la catégorie féérie, l'installation de feu, de la compagnie Carabosse, au parc de la Tête d'Or remporte le premier prix. Une fois la porte des enfants du Rhône franchie, les visiteurs ont comme l'impression de débarquer dans une fête ancienne, un peu mystique. Des centaines de pots de feu sont alignés par terre, dans les arbres ou sur le lac en forme de boules. Une fleur de feu géante s'ouvre et se referme. Sur une musique envoûtante, jouée par un groupe sous un petit kiosque orné de lampions, des couples s'embrassent assis sur de grandes balançoires chauffantes. D'autres préfèrent se serrer près des braseros.
Un groupe d'étudiants de Lyon-II et Lyon-I immortalise ce moment avec de multiples photos. «C'est fascinant. L'ambiance est intime, romantique. Et puis ça change de Bellecour où il n'y a pas grand chose», témoignent Lelia et Dorine. «C'est une invitation à l'introspection», poursuit Francis. Les étudiants ont adoré «la chaleur des balançoires». Florence, qui se promène avec son mari, semble sous le charme du spectacle. «Je suis même étonnée que le public puisse déambuler au milieu du feu. Pour une fois que la sécurité n'empiète pas sur la maige, c'est une très bonne chose.»
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