Le délai de six mois accordé par la justice aux Roms de la rue Paul-Bert (3e) expire aujourd'hui. Ils sont désormais expulsables.
Le délai de six mois accordé par la justice aux Roms de la rue Paul-Bert (3e) expire aujourd'hui. Ils sont désormais expulsables.

Anne Dory

Cabanes désertées, objets abandonnés... les Roms du bidonville de la rue Paul-Bert (3e) ont déjà commencé à quitter les lieux pour devancer l'expulsion qui peut désormais intervenir à tout moment. « Beaucoup de personnes sont parties par peur de la police, mais on ne sait pas où elles sont allées », confie une occupante restée sur place. Saisi par le conseil général du Rhône, le tribunal de grande instance de Lyon puis la cour d'appel, avaient accordé six mois aux Roms pour partir. Ce délai expire aujourd'hui. Le département, propriétaire du terrain, souhaite entamer les travaux de construction d'un nouveau bâtiment d'archive en lieu et place du bidonville, dès que possible. Pendant ces six mois de sursis, certains occupants ont trouvé une solution de relogement (lire ci-dessous), mais la majorité d'entre eux restera sans toit.

« On va abandonner nos affaires »
« Là je ne sais vraiment pas où aller, explique Monica, 38 ans mère d'un garçon de 10 ans, je n'ai jamais eu l'autorisation de travailler, je n'ai rien ». Les Roms de Paul-Bert se répartiront dans d'autres squatts de l'agglomération après l'expulsion. Installés depuis plusieurs mois sur le bidonville, beaucoup étaient parvenus à aménager des cabanes à l'aide de planches, de tôles et de bâches, mais tout cela va rester sur place. « On a aucun moyen de transport, regrette Monica, on ne va pouvoir emmener que les couvertures et les vêtements, on va abandonner nos affaires alors qu'il fait froid ».

Santé

Médecins du Monde est inquiet pour la santé de certains occupants du bidonville qui présentent des pathologies lourdes. L'ONG réclame la suspension des expulsions et appelle à une mobilisation à 11 h aujourd'hui rue Paul-Bert.