La liste des pathologies est longue. Sur les 150 personnes installées depuis un an dans le bidonville de la rue Paul-Bert à Lyon et menacées d’expulsion, Médecins du Monde a recensé dix-neuf cas de saturnisme chez les enfants, une recrudescence de cas de rougeole, et une dizaine de personnes atteintes de pathologies nécessitant un suivi hospitalier. Par ailleurs, quinze femmes enceintes sont suivies par l’ONG.
«Dans le contexte actuel de stigmatisation des populations Rom, les expulsions à répétition exposent ces familles à des risques sanitaires accrus et ne permettent pas un suivi médical satisfaisant», dénonce Médecins du Monde qui réclame «l’arrêt des expulsions» et la «recherche de propositions de relogement dignes».
Une espérance de vie entre 50 et 60 ans
Ainsi, la campagne de vaccination récemment entreprise contre la rougeole dans le bidonville pourrait être réduite à néant si une décision de justice, attendue pour le 7 septembre, venait à ordonner l’expulsion des Roms de ce terrain.
L’antenne lyonnaise souligne que les expulsions se multiplient depuis dix-huit mois et affirme avoir enregistré 43 expulsions en 2009. «Certaines personnes ont pu être expulsées plus de vingt fois en quelques années.»
L’ONG médicale rappelle que les indicateurs de la population Rom s’apparentent à ceux de pays en voie de développement. «La mortalité infantile est cinq fois plus importante et l’espérance de vue se situe autour de 50-60 ans». Quand celle des Français est de 77 ans pour les hommes et de 84 pour les femmes.