« J'ai l'impression que Foued n'a jamais existé. » Un an après le meurtre de son frère, Bilal Guessoum expliquait hier avoir « perdu espoir ». Cet agent de nettoyage avait été abattu le 31 août 2009, à l'âge de 35 ans, à la brasserie de la Poste, à Villeurbanne, après s'être interposé lors d'une altercation entre une femme éméchée et une serveuse qui refusait de lui vendre un paquet de cigarettes. C'est alors que l'amant de la cliente, Redouane Khoutir, 50 ans, en liberté conditionnelle après avoir été condamné à 20 ans de prison pour un braquage, était revenu armé dans le café et aurait tiré sur Foued Guessoum en plein cœur. Depuis, le suspect reste introuvable.
Le fugitif, armé et déterminé
« Il n'y a aucune mobilisation de la brigade criminelle de la Sûreté départementale », dénonce David Metaxas. L'avocat de la famille de la victime demande à ce que la police judiciaire de Lyon, qui dispose de « moyens techniques plus performants » soit saisie du dossier. « L'auteur est identifié. L'enquête se poursuit », rétorque le parquet de Lyon. Redouane Khoutir « est armé et déterminé, c'est un danger public », insiste l'avocat. Il espère que l'arrivée d'un nouveau juge d'instruction permettra de faire de ce dossier « une priorité » et apaisera la famille de Foued Guessoum. « Avec la justice, c'est comme si on parlait à un mur », souffle Bilal. La veuve de la victime, qui a accouché de leur enfant le 12 février, a écrit au Garde des Sceaux ainsi qu'au ministre de l'Intérieur pour tenter de faire avancer l'enquête. Des lettres jusqu'à présent restées sans réponse.