Des produits de première nécessité et quelques extras qui redonnent le sourire aux familles démunies. Comme chaque vendredi et mardi matin depuis début juillet, des dizaines de parents se pressent dans les locaux des Restos du Cœur du 3e arrondissement de Lyon pour y recevoir une aide alimentaire d’urgence pour les 0-3 ans. Cette distribution, rendue possible grâce à un partenariat institutions-associations*, est uniquement organisée l’été, pour prendre le relais des nombreuses structures d’aides qui ferment pendant les deux mois de grandes vacances.
Parmi les 139 bénéficiaires venus ce vendredi matin, Djamila et sa fille ont fait le plein de produits de première nécessité pour les cinq enfants de la famille, dont deux en bas âge: petits pots, lait, pain, gâteaux et couches. «Je n’avais plus de quoi changer les petits hier, explique-t-elle. J’ai dû demander à la voisine de me dépanner.» C’est la première fois que cette maman se rend à l’aide alimentaire. «On m’a coupé les prestations il y a trois mois malgré plusieurs courriers envoyés à la Caf. Je ne pouvais pas à la fois nourrir mes cinq enfants et payer les factures. Alors avant de partir en vacances, l’assistante sociale m’a fait une fiche de liaison pour venir ici.»
Quelques fleurs pour redonner le sourire
Sylla, mère de deux enfants, n’hésite pas à demander quelques piments supplémentaires pour sa cuisine auprès de Marc, bénévole des Restos, qui distribue des sacs de légumes. «On donne des petits plus comme des tablettes de chocolat ou des viennoiseries», souligne Monique, autre bénévole. «Les enfants adorent!», lance Fatou, une bénéficiaire originaire de Guinée. Même un bouquet de quelques fleurs est offert à chaque maman qui le souhaite. De quoi redonner le sourire souvent.
Cette distribution, existe déjà depuis quelques années. «Chaque fois, les publics sont différents, relève Catherine Saunier, du Centre communal d’action sociale de Lyon. Cet été, ce sont beaucoup de familles venues de l’Afrique noire alors les années précédentes, il y avait davantage de parents des pays de l’est.»
Sensibilisation au surpoids des enfants
Et pour la deuxième fois, un travail de prévention sur la nutrition et le poids des enfants est mené en complément. A chaque première visite, les bébés sont pesés et mesurés. «Il peut y avoir des problèmes de surpoids. Donc on essaye de donner des conseils diététiques, même si les familles sont plus ou moins réceptives», relève Claude, médecin au conseil général du Rhône.
«Nous essayons également de casser des clichés, poursuit Maïté Cohen, chargée de mission pour l’opération. Certaines mères pensent que l’eau du robinet n’est pas bonne et réclament des bouteilles d’eau. Or, nous les réservons pour les familles n’ayant pas de toit. Ce qui représente un peu moins d’un quart des bénéficiaires.»
*L’Etat, le conseil général, les villes de Lyon et Villeurbanne ainsi que plusieurs associations comme l’Armée du salut, la Croix-Rouge et Médecins du monde.