Son premier emploi aura duré un mois et demi. Pas plus. Soazig, 24 ans, occupait depuis le 7 juin un poste d’assistante juridique dans un cabinet d’avocats de Lyon. Mais en raison de multiples retards liés à son trajet sur la ligne SNCF entre Amberieu, dans l’Ain, et Lyon, son employeur n’a pas souhaité renouveler sa période d’essai.
Sur la lettre de notification, il est clairement indiqué que «la persistance des retards» contraignait l’employeur à prendre cette décision. De quoi mettre la jeune femme «en colère» contre la SNCF.
Une heure de marge n’a pas suffit
En l’espace d’un mois et demi, Soazig est arrivée en retard près de dix fois. Dont trois fois avec un décalage de 40mn à 1h15 en raison d’une rupture de caténaire ou encore d’une panne de train. Qualifiée de «consciencieuse» par son employeur selon elle, la jeune femme avait pourtant décidé de prendre un train arrivant à Lyon à 7h49 pour une prise de poste à 9h.
«Mon employeur savait bien que ce n’était pas de ma faute, explique Soazig à 20minutes.fr. Mais j’étais la seule secrétaire de l’entreprise, il fallait impérativement être à l’heure. Il m’a dit que j’allais m’épuiser avec ces trajets.» Impossible pour elle de prendre la voiture pour des raisons financières. «Cela me revient deux fois plus cher que le train», souligne l’assistante juridique.
L’association d’usagers de la ligne veut porter plainte
Elle est soutenue par l’association de défense des usagers du TER Lyon-Ambérieu (Adula) qui envisage de porter plainte contre la SNCF afin de réclamer des dommages et intérêts pour Soazig. «Entre le 22 juin et le 22 juillet, nous avons recensé 180 retards de plus de dix minutes sur la ligne, dénonce le président du comité, Jean-Pierre Frencel. Il y a un gros problème d’entretien du matériel et des voies. Les usagers sont excédés.»
Contactée par 20minutes.fr, la SNCF n’a «pas de commentaire à faire pour le moment» sur ce dossier.