Quais du polar (4/4) A l’occasion du festival, retour sur les crimes qui ont marqué Lyon

Publié le 4 mars 2006.
20 septembre 2002. Dans les sous-sols de deux immeubles des 6 et 7es arrondissements, les hommes de la police judiciaire et de l’anti-terrorisme, tuyautés par les Renseignements généraux, mettent la main sur un colossal arsenal : 230 kg d’explosifs, de dynamite et d’armes. Le lendemain, les autorités confirment que les deux caches appartenaient au mouvement terroriste d’extrême gauche Action directe (AD), démantelé quinze ans plus tôt ! Cette incroyable découverte est venue brutalement rappeler la place centrale qu’a joué Lyon entre 1979 et 1987 dans les activités d’AD, divisée en deux sections : l’une « internationale », sous l’égide de Jean-Marc Rouillan, et l’autre « nationale », aussi appelée « branche lyonnaise ». Son idéologue était André Olivier, arrêté en mars 1986, un an avant que ne tombe à son tour l’artificier du groupe, un certain Max Frérot. Avec Joëlle Crépet et Emile Ballandras, ils constituaient le noyau dur de la branche nationale d’AD, faisant de Lyon le théâtre sanglant de leurs forfaits, dont le meurtre d’un général de gendarmerie, Guy Delfosse. Le pandore a été abattu, le 27 mars 1984, de cinq balles tirées à bout portant (quatre dans la poitrine, une dans la tête) alors que Frérot et Olivier commettaient un hold-up à la BNP de la rue Victor-Hugo (2e). Le gendarme était au guichet, en uniforme. « Le général Delfosse a été tué pour avoir tenté de dialoguer avec Frérot et l’avoir ainsi mis au défi de se révéler à lui-même l’insupportable absurdité de son combat », avait lancé le 21 juin 1989 l’avocat général François-Louis Coste, lors de son réquisitoire fleuve au procès d’AD devant la cour d’assises du Rhône. Dix-neuf activistes avaient été jugés pour leur implication dans une trentaine de braquages, dont trois s’étaient soldés par un meurtre : celui d’un convoyeur de fonds à Caluire (1980), d’un policier lyonnais (1981) et de Guy Delfosse. Olivier, Frérot et Ballandras ont été condamnés à la réclusion à perpétuité. Joëlle Crépet a écopé quant à elle de dix-huit ans de prison ferme. Fabrice Arfi
© 20 minutes
hommage Le quartier général de la gendarmerie du Rhône porte aujourd’hui le nom de « caserne Delfosse », en hommage au général tué par Action directe.
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