Le cyprès chauve devait avoir près de cent ans. Il est tombé hier, soudainement, dans un bruit d'explosion. Il était creux, rongé par un champignon et condamné. Il a fallu une traction de 2,6 tonnes, à 20 mètres de hauteur pour que l'arbre se brise enfin. L'expérience, menée jusqu'au point de rupture, n'avait jamais eu lieu auparavant sur ce type d'espèce, doté de sortes de « contreforts » qui en augmentent la résistance. « Il n'a pas rompu là où il était le plus creux, à la base, mais plus haut, où le tronc est plus fin et a le plus fléchi », analyse Vincent Dellus, expert-conseil en arboriculture ornementale. « Ce qui m'a surpris, c'est la manière, très brutale, dont il est tombé ». Les données collectées, inédites, feront l'objet d'une publication scientifique. Elles compléteront les résultats des tests de tractions effectués sur dix arbres du parc de la Tête d'Or, qui permettent de déduire la résistance de ces arbres fragilisés à des vents de 120 km/h. « Ce sont de beaux arbres. Nous voulons être sûrs de nous si nous prenons la décision de les abattre », explique Clément Nozières, technicien à la direction des espaces verts.S. B.