Les ménages privés d’hébergement d’urgence invités à faire valoir leurs droits. Depuis lundi et jusqu’à vendredi, diverses associations et syndicats, membres ou soutiens du CLRD (Conseil lyonnais pour le respect des droits) organisent des permanences juridiques à la Bourse du travail (3e).
Leur cible: toutes les personnes mises à l’abri ces derniers mois le 115 aujourd’hui sans solution. «Dans un premier temps, nous leur expliquons leurs droits. Puis nous les encourageons à déposer des recours contre l’Etat pour non-application de la loi Dalo», précise Adeline Firmin, juriste à l’Association lyonnaise pour l’insertion par le logement.
Une trentaine de ménages encore hébergée à l'hôtel
L’article 4 de cette loi stipule que «toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y demeurer». Jusqu’à début janvier, cette règle n’était pas appliquée dans le Rhône, faute de place suffisante en hébergement d’urgence. Mais suite à la mobilisation des associations d’aide aux sans-abri et des travailleurs sociaux, la préfecture du Rhône avait accepté d’ouvrir de nouvelles places dans les centres d’urgence. Et de financer chaque soir plus de 225 nuits d’hôtel sur l’agglomération.
Mais depuis la fin de la trêve hivernale le 15 mars dernier, la plupart de ces moyens supplémentaires ont été retirés. «Seule une trentaine de ménages est encore hébergée à l’hôtel», indique Baptiste Meneghin, membre du réseau des professionnels de l’urgence social. Depuis le 12 avril, l’ancienne clinique Monplaisir (8e), mise à la disposition d’une soixantaine de sans-abri cet hiver a fermé ses portes. Et le centre d’hébergement Cléberg, à Perrache (2e), où sont également accueillis soixante SDF chaque jour, doit fermer ses portes au 30 juin
Premiers recours fin avril
«Il y a une conception saisonnière de la mise à l’abri. Or été comme hiver, l’accès à un hébergement devrait être possible pour tous», ajoute Adeline Firmin, persuadée que la politique globale du logement en France doit être corrigée.
Pour faire évoluer la situation et «maintenir la pression» sur les autorités, les associations espèrent convaincre le maximum de ménages de poursuivre l’État. Une fois les dossiers juridiques constitués, les recours individuels devraient être déposés à la fin du mois auprès du tribunal administratif. Une première à Lyon.