Charles Millon condamné à trois mois de prison avec sursis pour prise illégale d'intérêt

JUSTICE – L'ancien ministre de la Défense a été reconnu coupable d'avoir employé du personnel de maison aux frais de la région Rhône-Alpes...

A Lyon, C.B.

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Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant l'ancien ministre de la Défense Charles Millon sur d'éventuelles malversations au sein d'une entreprise de biocarburants dont il fut l'un des dirigeants, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant l'ancien ministre de la Défense Charles Millon sur d'éventuelles malversations au sein d'une entreprise de biocarburants dont il fut l'un des dirigeants, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. — Jeff Pachoud AFP/Archives

Charles Millon, ancien ministre de la Défense et ex-président UDF de la région Rhône-Alpes (1986-1999) a été condamné ce vendredi à trois mois de prison avec sursis pour «prise illégale d'intérêt» par le tribunal correctionnel de Lyon.

Il a été reconnu coupable d’avoir, entre avril et juillet 1998, employé du personnel de maison aux frais de la région, dans son logement de fonction. Le début des faits seraient bien antérieur mais la prescription a joué en sa faveur. La justice lui demande de verser 10.461 euros de dommages et intérêts en deniers et quittances à la région et 12.000 euros au conseiller régional (Verts) Etienne Tête, partie civile dans l’affaire.

«Il y a bien eu abus»

«Les choses sont claires, a déclaré Etienne Tête à l’issue du rendu du jugement. Ce qui a été dénoncé était vraiment bien un abus, tout cela dans un contexte politique important.» En 1998, Charles Millon avait en effet passé un accord avec les élus du Front national pour assurer sa réélection à la présidence de Rhône-Alpes. Cette alliance avait provoqué alors une vaste bronca politique à gauche comme à droite.

«C’est un jugement politicien, a dénoncé Josselin Aubert, avocat de Charles Millon, absent lors du jugement. Et le résultat de l’acharnement d’un homme. Il y a une disproportion entre une procédure qui a duré dix ans et les faits attaqués qui reviennent à savoir si Charles Millon surveillait sa femme de ménage sur ce qu’elle avait le droit de faire.»

L’appel n’est pas exclu pour Millon

Pendant près de dix ans, quatre employées d’une société de nettoyage ont assuré les tâches ménagères quotidiennes de la famille Millon, du repassage à la préparation des repas. Alors que leur mise à disposition ne devait concerner que des réceptions officielles... qui n’ont jamais eu lieu.

La défense de Charles Millon assure qu’il a remboursé l’intégralité des frais, soit 300.000 euros, à la suite de plusieurs décisions de justice et «n’exclut pas de faire appel» de la décision. Etienne Tête assure que le préjudice total est de 600.000 euros. «Mais c’est déjà exceptionnel qu’il y ait eu un début de remboursement», a nuancé le conseiller régional.