Le premier «hôpital prison» entre en service

SANTE Une unité spécialisée au Vinatier accueillera les détenus atteints de troubles psychiatriques...

Élisa Frisullo

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C'est le premier hôpital de ce type à ouvrir en France. L'Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de Lyon doit accueillir ce matin ses personnels sur le site de l'établissement psychiatrique du Vinatier à Bron.

Les premiers détenus sont attendus le 6 avril, si d'ici là le décret détaillant le fonctionnement de l'UHSA est passé devant le Conseil d'État. Cet établissement, entouré d'une clôture pénitentiaire, doit permettre «d'offrir aux prisonniers atteints de troubles psychiatriques le même plateau de soins que dans le milieu civil», indique Pierre Lamothe, médecin-chef du service médico-psychiatrique régional de Lyon, en charge de la structure.

Des détenus difficiles à gérer en prison

L'UHSA pourra héberger jusqu'à 60 détenus, traités par 120 soignants et répartis dans trois unités: un service pour arrivants, une unité de soins individualisés -réservée aux mineurs et aux femmes-, et un espace collectif dédié à la réinsertion sociale.

Environ 47 surveillants seront affectés à la sécurisation des lieux, essentiellement à l'extérieur des bâtiments. Dans un premier temps, seules deux unités seront accessibles aux prisonniers de Rhône-Alpes, d'Auvergne, de Bourgogne et de Franche-Comté, toutes les infirmières n'ayant pas été recrutées. «Cela représente 7.800 détenus», précise Pierre Lamothe, convaincu que les lits seront rapidement occupés.

Une structure attendue depuis des années

Et pour cause: l'ouverture de cette structure est attendue depuis des années. «Les personnes à troubles psychiatriques sont des populations que nous n'arrivons pas à gérer dans les prisons classiques. Nous n'en avons pas les moyens, précise Emmanuel Chambaud, délégué Ufap à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas. Lorsqu'ils sont en crise, donc susceptibles d'être violents, leur place est dans un établissement spécialisé.»

Un avis partagé par Pierre Lamothe, qui craint toutefois de devoir faire face à quelques dérives. «Il ne faudrait pas que l'administration bloque les retours dans les établissements pénitentiaires une fois les patients soignés. Nous ne pourrions alors plus traiter tous ceux qui nécessitent un suivi. Des règles strictes doivent être mises en place pour éviter cela», ajoute-t-il. L'établissement devrait être inauguré fin avril, en présence, dit-on, de Nicolas Sarkozy. Le déplacement n'a pas été confirmé, mais pour garantir la primeur au chef de l'Etat, les lieux sont interdits aux médias.

PROGRAMME

D'ici à 2012, huit autres «hôpitaux prisons» de ce type devraient être construitsen France. Au total, 600 détenus pourraient être pris en charge dans ces structures.

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