Lyon-I incite ses étudiants à juger la qualité de leurs cours. Si sur le papier, l’idée peut surprendre, dans cette université toutefois, le système d’évaluation imposé aux établissements depuis 10 ans, semble être entré dans les mœurs.
Depuis 2006, 60% des enseignements ont été évalués par les élèves. «Mais cela ne suffit pas, indique Patrick Boiron, vice-président du conseil des études et de la vie universitaire, délégué à la pédagogie. Nous souhaitons que 100% des cours soient évalués entre 2010 et 2014». Pour y parvenir, l’université vient de se doter d’un portail dédié à l’évaluation.
Favoriser la réussite des élèves
Sur cette plateforme, les enseignants peuvent mettre en ligne leur questionnaire d’évaluation. Les étudiants peuvent y répondre de manière anonyme et avoir accès aux conclusions de chaque diagnostic. «Mais seul le professeur concerné bénéficie des résultats bruts du questionnaire», précise Emmanuel Sylvestre, chargé de l’évaluation dans le service Innovation conception et accompagnement pour la pédagogie (Icap) de Lyon-I.
Car l’objectif affiché n’est pas de noter les professeurs mais bien de favoriser la réussite des étudiants en améliorant la qualité des cours. «L’évaluation doit permettre aux enseignants de distinguer les points forts et les points faibles de leurs enseignements et les inciter à se former pour s’améliorer», ajoute Patrick Boiron.
Des cours interactifs
Aujourd’hui, tous les universitaires n’adhèrent pas à l’évaluation en ligne mais distribuent des questionnaires ou interrogent leurs étudiants sur la qualité de leurs cours. Dans les amphis, les élèves voient la différence.
«Nos remarques, souvent axées sur la méthode pédagogique, influent sur les cours. Ils deviennent plus originaux, plus interactifs», explique Marion, 22 ans, étudiante en physique chimie. «Nous n’hésitons pas à modifier, en fonction du ressenti des élèves, le contenu de nos cours y compris sur le programme», témoigne une responsable d’enseignement.
DIAGNOSTIC
En trois ans, le nombre cours passés à la loupe a progressé de 320% selon l’université Lyon-I. Toutes les unités d’enseignement, y compris celles de santé, plus à la traîne, ont désormais intégré le système d’évaluation.