Les difficultés de logement ne sont plus réservées aux seuls exclus. C'est le principal constat de la fondation Abbé Pierre qui présentait hier à la mairie de Lyon son rapport annuel sur le mal-logement en Rhône-Alpes. « La crise du logement touche les gens ordinaires », indique Marc Uhry, responsable régional de la fondation. Ce phénomène dû à l'explosion des prix de l'immobilier s'est accéléré en 2009. Cette précarisation a été particulièrement marquée dans la grande couronne lyonnaise, courant de la plaine de l'Ain à Roanne, jusqu'à Rive-de-Gier et La Verpillière.
Des femmes seules plus vulnérables
Sur ce croissant, le pavillonnaire social s'est développé très rapidement. Les ménages modestes qui s'y sont installés, en raison des prix prohibitifs des centres-villes, ont été fragilisés par la crise. « Ces petits salariés, qui ont souvent payé trop cher des logements de petite qualité, ont été touchés par les mesures de chômage partiel, les licenciements », précise Marc Uhry. Le moindre imprévu les met en difficulté et les expose aux mesures d'expulsion. Depuis 2002,ces procédures (4 000 l'an passé) ont doublé en Rhône-Alpes. Autres victimes du mal-logement, les femmes seules avec enfant. Elles sont plus souvent la cible de discriminations à l'embauche et à l'accès au logement. « Elles gagnent moins que les hommes, ont du mal à décrocher des temps pleins », ajoute le responsable régional. Et leurs faibles ressources ne leur permettent pas d'accéder au parc privé. En Rhône-Alpes, ces mères de famille représentent 20 % des habitants des HLM et 35 % des personnes qui ont engagé des recours pour avoir accès à un logement (Dalo).