Nouveau Ménage à trois pour le second tour

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Publié le 15 mars 2010.

Résultats La droite est arrivée en tête hier, mais la gauche est bien partie pour garder Rhône-Alpes

Comme un air de déjà-vu. Il y aura une triangulaire dimanche prochain pour le second tour des élections régionales en Rhône-Alpes. Comme en 2004. L'UMP, le PS, les écologistes et le Front national ont franchi hier soir le seuil des 10 % leur permettant de se maintenir. Avec 27 % des voix, Françoise Grossetête (UMP), chef de file de la majorité présidentielle, arrive en tête. Elle fait cependant un peu moins bien qu'Anne-Marie Comparini en 2004 (31,2 %). Le président sortant Jean-Jack Queyranne n'obtient que 25 % des suffrages, un score en deçà de la moyenne nationale du PS et de son score de 2004 (32,2 %).

La percée des écologistes
Donné grand perdant par les sondages, Bruno Gollnisch parvient à hisser le Front national à 14 %, mais recule de 4 points par rapport aux dernières régionales. La liste Europe Ecologie, emmenée par Philippe Meirieu, fait une véritable percée avec 17,5 % des voix, alors que les Verts s'étaient qualifiés de justesse en 2004 (10,09 %). Présenté comme le futur allié du PS pour le 21 mars, Europe Ecologie avait toutefois fait mieux aux Européennes de 2009 (19,5 %). « Rhône-Alpes tire la France vers l'écologie », s'est réjoui hier soir Philippe Meirieu, ravi de rééquilibrer le rapport de force avec le PS. Il doit retrouver ce matin dès 8 h au Palais de la Mutualité (3e) Jean-Jack Queyranne et les représentants du Front de gauche (6,5 %) pour élaborer la liste et le programme commun du second tour. Les négociations s'annoncent rudes et elles devront être closes mardi. En 2004, les listes PS-Verts étaient arrivées à la dernière minute en préfecture grâce à un coursier à moto. En 2010, Jean-Jack Queyranne (PS) n'est « pas inquiet ». « Cela s'est bien passé pendant six ans. Nous pourrons continuer à construire ensemble pour la région Rhône-Alpes ». Françoise Grossetête, qui a fait « l'union dès le premier tour », n'a pas ce souci. Elle entame sa campagne du second tour dès aujourd'hui, avec un meeting à Lyon ce soir en présence d'Éric Besson.

Convaincre les abstentionnistes
« On a encore des chances. Il faut repartir au combat », a martelé l'eurodéputée devant une cinquantaine de militants hier soir. « Déçue » du résultat du premier tour, par le score élevé du FN comme par la « démobilisation » à droite, elle entend désormais aller convaincre les abstentionnistes, sa seule marge de manœuvre. Face à une gauche qui a obtenu hier près de la moitié des suffrages et un FN en arbitre, ses chances de victoires sont minimes. « Queyranne est en pôle position. Il a une réserve de voix extraordinairement importante », note Gérard Collomb, le maire de Lyon (PS). En 2004, Queyranne avait décroché son premier mandat de président dans une triangulaire similaire.

Frédéric Crouzet (avec Sandrine Boucher, Élisa Frisullo et Jérôme Pagalou)
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