Un mois seulement après l'ablation d'un de ses reins, Tiana Valisolalao, 45 ans, se sent en pleine forme. « J'arrive à monter les escaliers, je me surprends à courir. Je suis rentrée chez moi quatre jours après l'intervention et j'ai très vite arrêté les médicaments antidouleur », raconte cette résidente de Caluire, qui va bientôt reprendre son travail de consultante. Le 1er février, elle a été la première donneuse d'organe d'Europe à subir un prélèvement du rein par le nombril, une opération inédite, menée au service de transplantation de l'hôpital Edouard-Herriot (Lyon 8e). Cette technique, importée des Etats-Unis, permet notamment au patient de récupérer trois fois plus vite qu'avec les interventions classiques par cœlioscopie.
Avantage esthétique
« On ne fait plus qu'une seule incision. Il y a moins de douleurs postopératoires et un avantage esthétique avec une cicatrice presque invisible. Il ne faut pas oublier que les donneurs ne sont pas des malades », précise le professeur Xavier Martin, chef du service d'urologie et de chirurgie de la transplantation. Cette technique va-t-elle inciter plus de personnes à effectuer un don de rein de leur vivant ? « Ce n'est pas le but premier. Mais cela peut avoir cet effet », répond Xavier Martin. En France, un tiers des patients souffrant d'insuffisance rénale chronique ont pu obtenir une greffe, dont 10 % viennent d'un donneur vivant. « Il y a pénurie », constate le professeur Lionel Badet, chirurgien au service transplantation. Tania a, elle, décidé, il y a un an, de donner son rein, pour sauver Achille, son mari. « Et le résultat est excellent, pour elle comme pour moi », se réjouit-il.