La tension est montée d'un cran à l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu. Depuis janvier, une dizaine d'agressions a été recensée, dont trois sur la seule journée de mardi. « Une détenue de 14 ans s'est jetée sur une surveillante stagiaire et lui a arraché des poignées de cheveux », précise Alain Chevallier, de l'Ufap Rhône-Alpes.
Un manque chronique de personnel
Lors de son ouverture en juin 2007, cet EPM était pourtant présenté comme un modèle pour améliorer les conditions de détention des jeunes. Deux ans et demi plus tard, le bilan est loin d'être reluisant, selon le syndicat. « Cet établissement est un échec. On assiste à une répétition d'agressions effarantes, les insultes pleuvent en continu », ajoute le syndicaliste, qui dénonce un manque chronique de surveillants. Selon lui, neuf postes initialement prévus pour faire fonctionner l'EPM, où sont actuellement incarcérés 33 adolescents, n'ont jamais été pourvus. « Les personnels sont épuisés et cela pose des problèmes d'intervention lorsqu'il y a des incidents », poursuit-il. Une situation qui ne laisse que peu de place à la réinsertion, pourtant présentée comme une priorité lors de la création de ces nouvelles structures. L'administration pénitentiaire, contactée hier, n'a pas souhaité réagir.