Les trains qui n'arrivent pas à l'heure vont-ils faire dérailler la campagne des élections régionales? A moins de trois semaines du scrutin, la tension monte entre les usagers de la ligne TER Lyon-Ambérieu et la SNCF. Trains en panne, retardés ou annulés, manque d'informations, voyageurs pénalisés et énervés, les problèmes s'accumulent depuis la fin 2009. A tel point que la région Rhône-Alpes, une des premières à être devenue autorité organisatrice des transports ferroviaires, a dû légèrement sermonner la SNCF.
Pas assez pour Europe Ecologie ou l'UMP. «Il faut un contrat plus exigeant avec la SNCF, avec des sanctions financières à la clé», estime la liste de Françoise Grossetête (UMP). «La convention a été durcie. Et la SNCF a payé plusieurs millions d'euros de pénalité», réplique Bernard Soulage, vice-président (PS) en charge des transports.
Réseau saturé, trains bondés
Les candidats promettent à l'avenir des TER plus nombreux et plus ponctuels. Car de plus en plus d'électeurs prennent le train. Entre 2004 et 2010, le trafic voyageur a progressé de 50% en Rhône-Alpes pour atteindre 120.000 passagers quotidiens. Mais améliorer le service est un casse-tête.
D'abord, la SNCF peine à ajouter des trains sur un réseau saturé. Et l'amélioration du réseau coûte cher: depuis 2004, la région a investi près d'un milliard d'euros pour changer le matériel et rénover les voies. «Mais aux heures de pointe, les trains sont toujours bondés, aux heures creuses, ils sont vides», déplore un usager du Lyon-Ambérieu. La gauche veut poursuivre cette politique pour offrir une alternative à la voiture. A droite, à l'UMP comme au FN, on regrette cependant que la région ait tout misé sur les TER.
La mise en concurrence de la SNCF pour l'exploitation des TER, qui doit entrer en vigueur d'ici à dix ans, permettra-t-elle d'améliorer le service ? « Pas sûr », selon Bernard Soulage (PS). « Nous nous opposerons à toute ouverture à la concurrence », prévient Elisa Martin (Ensemble à gauche). « Elle ne peut jouer qu'en faveur des usagers, sur les tarifs et les performances », estime Françoise Grossetête (UMP).