La menace d'une pénurie fait exploser la vente de carburants. Depuis le début de la grève à la raffinerie Total de Feyzin (lire encadré), les stations-services du Grand Lyon sont prises d'assaut. «Normalement, le lundi, on a personne. Là, c'est de la folie. Depuis ce matin, les clients défilent», note cet employé de la station-service Carrefour-Vénissieux. Ici, en l'espace de cinq jours, les ventes ont été multipliées par deux. Chez Total à la Part-Dieu (3e), où hier midi le «super 95» était en rupture de stock, l'affluence était digne de celle habituellement observée le week-end.
«Ma voiture est mon outil de travail»
Parmi les clients venus se ruer sur l'or noir figuraient de nombreux retraités, affolés par la pénurie, et des professionnels. «Mon entreprise a un contrat chez Total. Alors comme la grève est chez eux, je fais le plein pour ne pas être embêté», explique Thierry, dépanneur d'ascenseurs. Mickaël, commercial, est venu «blinder» sa voiture de fonction après avoir déjà rempli son véhicule personnel. «Je prends mes précautions, car ma voiture est mon outil de travail. On entend dire qu'il n'y aura pas de pénurie et il manque déjà certains produits», explique-t-il. Une attitude que déplore le pompiste de Vénissieux. «En réagissant comme ça, les gens vont créer un gros problème d'approvisionnement.»
Les salariés de la raffinerieont reconduit leur grève hier pour soutenir leurs collèguesdu site de Dunkerque, menacé de fermeture. La productionest à l'arrêt depuis vendredi.