MUSIQUE - La filière du disque locale innove sur Internet pour séduire un nouveau public...
Pour découvrir les nouveaux talents de la scène musicale en Rhône-Alpes, il faudra désormais penser à surfer sur
www.1d-rhonealpes.com. Sur cette plateforme communautaire, active dès ce mercredi, les internautes peuvent avoir un aperçu de l’actualité musicale des groupes locaux, télécharger leurs morceaux, et même commander leurs CD.
L’objectif est de structurer le réseau de professionnels du disque (environ 400 dans la région) et de leur assurer une meilleure visibilité sur un marché qui connaît de profondes mutations. «On ne dit pas que la plateforme va résoudre la crise du disque, relève Mylène Petit, coordinatrice de la Fédération des éditeurs et producteurs phonographiques Rhône-Alpes (
Feppra) qui compte 40 labels adhérents. Mais c’est un nouvel outil de distribution destiné à des petites associations qui s’autoproduisent, comme à des labels déjà reconnus».
Pas d'intermédiaire
Pour les producteurs, adhérer à ce site est tout bénéfique. Ils fixent eux-mêmes le prix du téléchargement et se verront reverser 75% du montant des ventes numériques (85% pour les CD et autres articles physiques). Aucun intermédiaire ne vient rogner sur leur marge et celle des artistes. «C’est très avantageux, assure Jean-Sébastien Esnault, représentant d’Athos Productions, label de la chanteuse Sahra Halgan adhérant à la plateforme. La distribution de disques est une chaîne très onéreuse car il faut gérer beaucoup de stocks. C’est pourquoi les petits producteurs vendent la plupart du temps à la sortie des concerts» Selon le professionnel, l’éclectisme musical souhaité sur le site sera également «une force». «Il va susciter la curiosité des internautes en recherche de nouvelles musiques», estime-t-il. Deux autres plateformes régionales sont actuellement lancées en
Aquitaine et
Provence-Alpes-Côte d’Azur. A terme, un maillage national pourrait voir le jour.
Carole Bianchi
La région Rhône-Alpes finance le projet à hauteur de 47.000 euros, dans le cadre d’une convention triennale. «Nous n’avons pas l’ambition de rivaliser avec les grosses boîtes de production, mais nous espérons que des talents émergeront plus facilement», assure Yvon Deschamps, conseiller régional (PS) délégué à la Culture.