Ces grands chantiers qui n'avancent pas

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Publié le 11 janvier 2010.

La troisième sera-t-elle la bonne ? Les élus du Grand Lyon doivent voter ce soir pour la troisième fois le lancement de la révision du plan local d'urbanisme à Décines. Cette étape est indispensable pour rendre constructibles les 40 ha du terrain du Montout, où Gérard Collomb, président PS du Grand Lyon et Jean-Michel Aulas, patron de l'Olympique lyonnais, souhaitent réaliser le futur Grand Stade de 60 000 places.

Mais l'affaire n'est pas gagnée. En décembre, la cour administrative d'appel de Lyon, saisie par des opposants au projet, avait annulé les deux premières procédures. En 2006, Aulas et Collomb se voyaient pourtant couper le ruban en 2010. « Mais ils ont voulu aller trop vite », constate un opposant. La première enquête publique s'est soldée par un avis négatif et il a fallu attendre 2009 et la loi sur l'intérêt général des enceintes sportives pour remettre le dossier sur les rails. Mais le projet, prévu pour être livré en 2014, n'est pas au bout de ses peines. De nouveaux recours en justice se préparent...

Le projet Up in Lyon, censé faire des rues du Président-Carnot et Grolée (2e) une adresse incontournable pour le shopping de prestige, piétine. Les Docks lyonnais, propriétaires de la quasi-totalité des pas-de-porte, martèlent que la commercialisation, lancée en juillet dernier, « suit sur son cours ». Mais deux ans après le départ des premiers locataires, contraints de quitter les lieux à la fin de leur bail, aucune nouvelle enseigne n'est venue s'installer dans la trentaine de locaux désertés.

Un échec que ne peut plus ignorer le maire PS de la ville, Gérard Collomb, qui a annoncé la semaine passée qu'il allait s'occuper personnellement du dossier. Une rencontre avec les Docks Lyonnais pourrait avoir lieu prochainement.

C'est un projet vieux de vingt ans qui va refaire surface cette année. Le Grand Lyon et le conseil général du Rhône doivent relancer le dossier du tronçon ouest du périphérique (TOP), qui aurait dû boucler le boulevard de ceinture en 2010. Mais le coûteux et catastrophique lancement du périphérique nord TEO en 1997 avait plombé le projet du TOP. La levée des périmètres de sécurité Seveso au sud de Lyon en 2008 a permis de rendre possible sa construction.

Aujourd'hui, la réalisation d'un premier tronçon entre Ecully et Francheville est actée. Reste à savoir où faire déboucher au sud cette 2x2 voies à péage. La ville d'Oullins s'oppose à une arrivée dans le quartier de la Saulaie, en cours de rénovation. Les élus du Grand Lyon et du conseil général, qui devront emprunter 2 milliards d'euros, avaient prévu une rencontre exceptionnelle en janvier pour évoquer le dossier. Un rendez-vous crucial... déjà reporté.

Une nouvelle entreprise bientôt désignée pour le gros oeuvre du musée des Confluences ? Vendredi, les élus du conseil général doivent choisir entre les groupes Vinci et Léon Grosse, les deux candidats à la reprise de ce chantier pharaonique abandonné il y a un an et demi par l'entreprise Bec Frères. Une forte mésentente avec les architectes l'avait mené à quitter le navire déjà coulant. Des problèmes techniques, d'assurances et d'autres retards ont fait grimper l'ardoise à plus de 200 millions d'euros, contre les 109 millions prévus.

L'idée d'un équipement futuriste à la pointe du quartier du Confluent (2e) accueillant les collections enrichies du Muséum d'histoire naturelle (6e) avait germé en... juillet 1999. Mais personne n'ose plus avancer, aujourd'hui, une date de livraison.

Les premiers coups de pelle auraient dû être donnés en juillet dernier. Mais depuis le transfert des activités médicales vers l'hôpital Femme-Mère-Enfant, il y a deux ans, l'hôpital Debrousse (5e) est à l'abandon. Le conflit juridique qui oppose l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), propriétaire des lieux, à Vinci Immobilier, candidat à la reprise, empêche la reconversion en quartier résidentiel de l'ancien hôpital pour enfants.

La justice a pourtant tranché. La cour d'appel de Lyon a condamné le 7 novembre le promoteur à s'acquitter des 20,8 millions d'euros promis lors de la procédure d'appel à projet. Vinci Immobilier s'est pourvu en cassation. « Mais cela ne le dispense pas de payer », indique Bernard Grelon, avocat de l'AP-HP. Mais les négociations s'annoncent encore longues avant que l'acte de vente ne soit signé. W

Carole Bianchi, Frédéric Crouzet et Elisa Frisullo
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