Drôle de bonne résolution. Alors que de nombreux fumeurs tentent, en début d'année, d'arrêter la cigarette, Christophe Cédat a, lui, décidé de commencer à s'encrasser les poumons dès le 1er janvier. A 42 ans, ce non fumeur, patron du Café 203, qui refusait en 2008 d'appliquer la loi antitabac, s'est lancé pour défi de griller deux paquets de cigarettes chaque jour pendant un an.
Une démarche qu'il présente comme «une aventure intérieure», une expérience sociologique, scientifique et artistique. «Cela vient marquer la fin de mon travail sur le tabac entamé il y a dix ans. Sans vouloir en faire l'apologie ou stigmatiser les fumeurs, j'ai eu envie de comprendre et de raconter», explique ce gérant iconoclaste, militant de la liberté de fumer.
Il refuse d'appliquer la loi
Après avoir ouvert en 1997 le «203», petit café-resto de la rue du Garet (1er), il s'était fait connaître en 2000 en lançant dans une rue voisine le «100 tabac», premier établissement non fumeur de France. Pour que les clients aient «le choix de leur atmosphère». Il y a deux ans,
il refuse d'appliquer la nouvelle loi sur l'interdiction de fumer dans les bars. Lui et ses clients écopent des premières amendes en France. Depuis, le petit café est redevenu non fumeur. Mais l'ancienne épicerie voisine a été transformée en annexe pour les accros à la clope, un espace ouvert sur la rue mais chauffé où les cendriers trônent sur les tables.
«L'intransgeance des non fumeurs»
Pendant deux ans, Christophe Cédat a collecté les mégots de ses clients, photographié et exposé les cendriers. Un travail qu'il a achevé le 31 décembre, avec 120.000 clichés et un million de mégots. Désormais, il ne conserve que les siens. Numérotte soigneusement ses paquets de cigarette. Affiche des radios de ses poumons aux murs de son bar.
Pour l'instant, il n'est pas parvenu à fumer deux paquets par jour. «Mais j'observe déjà comment la cigarette change le rapport aux autres. Et je découvre l'extrême intransigeance des non fumeurs», avoue-t- il.