ENQUETE - Il est la dernière personne encore en garde-à-vue, et a un lourd passif judiciaire. Il coopère très peu avec les enquêteurs...
De notre correspondante à Lyon
Un seul suspect est toujours en garde à vue, ce jeudi, après la fusillade dimanche dans le quartier Mermoz-Sud, à Lyon, au cours de laquelle Amar, 12 ans, a été abattu. Sur les six jeunes gens âgés de 16 à 26 ans
interpellés depuis lundi, le
premier, considéré comme un témoin important, avait été libéré hier matin, et les
quatre autres dans la soirée et ce matin.
L’homme encore en garde-à-vue, âgé de 23 ans et sorti il y a trois mois de prison, devrait être déféré vendredi matin au parquet à l’issue de sa garde à vue prolongée mercredi. Cet ancien Brondillant, résident aujourd’hui à Vaulx-en-Velin, est suspecté d’avoir participé à la fusillade, où le collégien a été tué et un autre adolescent de 17 ans blessé à la cuisse.
Un suspect «très peu coopératif»
Le suspect «est très peu coopératif avec les enquêteurs», selon le chef de la sûreté départementale du Rhône Jean-Marc Rebouillat, mais il a fini par «avouer être le propriétaire de la voiture». «Pour l’instant, nous n’avons établi la présence d’aucun des jeunes interpellés dans la voiture lors de la fusillade», indique le policier, précisant que de fait, les recherches se poursuivent pour retrouver le tireur qui a abattu le jeune Amar.
Le dernier gardé à vue, qui a effectué trois ans de prison lorsqu’il était mineur et 30 mois depuis sa majorité pour des vols avec arme, «conteste entièrement les faits», selon son avocat David Metaxas. «Il n’a pas participé aux rixes qui ont précédé la fusillade et au moment où l’adolescent était tué, il était avec sa petite amie», a précisé l’avocat. Auditionné depuis hier matin dans les locaux de la brigade criminelle de Lyon (8e), le suspect a décidé de ne plus coopérer avec la police.
«Les déclarations du ministre de l’intérieur ont conduit mon client à s’enfermer dans le silence», ajoute l’avocat, déplorant l’intervention mardi de Brice Hortefeux dans cette affaire judiciaire. En déplacement à Lyon, le ministre avait déclaré : «On n'assassine pas impunément sur notre territoire. Pour des crimes aussi inadmissibles que ceux-là, c’est la réclusions à perpétuité.»
Elisa Frisullo