Dans le quartier Mermoz-Sud (8e), la colère et la tristesse se lisaient, hier matin, sur les visages des habitants, au lendemain de la mort d'Amar, 12 ans. Plusieurs jeunes étaient réunis place Latarjet, devant le bureau de tabac où, dimanche en fin de journée, ce garçon, scolarisé au collège Pierre-Brossolette à Oullins, a été abattu de trois balles lors d'une fusillade. Un adolescent de 17 ans a également été blessé à la cuisse.
Un homme, « témoin important » de la scène, selon les enquêteurs de la brigade criminelle, a été interpellé à Bron et placé en garde à vue. Il a été interrogé, hier, sur cette affaire, liée, selon le parquet de Lyon, « à une altercation banale, pour des motifs futiles » entre « des jeunes de quartiers différents ».
« C'est une histoire de femmes », résume Zakaria, 15 ans, qui, quelques heures avant le drame, traînait, dimanche, avec des « gars » du quartier sur la place. « Des filles de Bron, sont souvent passées dans le coin. On leur a mal parlé. Elles sont rentrées dans leur quartier chercher des grands. Ils sont venus, une bagarre a éclaté, et ils sont repartis », raconte l'adolescent. Peu de temps après la rixe, une voiture a ralenti au niveau du groupe de jeunes. Selon la police, des coups de feu auraient alors été tirés à une dizaine de reprises depuis l'arrière du véhicule avec une arme automatique et un fusil de chasse. « Ils étaient quatre, cagoulés. Ils ont tiré sur n'importe qui. Nous, on a réussi à s'enfuir, mais ils ont tiré sur ce gamin de 12 ans qui n'avait rien à voir dans cette histoire, ajoute Zakaria. Il allait juste à l'épicerie. »
« Il est possible que ce garçon, inconnu des services de police, soit une victime collatérale », indique le parquet de Lyon. Les agresseurs, dont ni la marque ni la plaque d'immatriculation de la voiture n'ont pu être identifiées, sont activement recherchés. W