Il est un peu plus de 11 h 30 hier lorsque le centre de vaccination de Gerland (7e), ouvert jusqu'à 13 h, ferme momentanément ses portes. A l'intérieur du gymnase réquisitionné, une centaine de Lyonnais prioritaires pour se faire immuniser contre la grippe A attendent leur tour, assis dans le calme sur les dizaines de chaises alignées dans les quatre salles d'attente improvisées. « Cela ne servait à rien de laisser les gens patienter dans la rue alors qu'ils ne pourront pas tous passer. Mieux vaut qu'ils reviennent cet après-midi », explique le colonel Jacques Sarzier, responsable du centre.
Ici, 70 injections par heure sont réalisées, soit près de 250 vaccinations effectuées en une matinée. Quinze personnels volontaires - trois médecins, des infirmières et agents administratifs - sont mobilisés pour orienter le public, faire passer un entretien médical et piquer. Mais cela ne suffit pas. Avant d'entrer dans le box de l'infirmière, les patients, parmi lesquels figuraient hier de nombreuses femmes enceintes et jeunes enfants, devaient attendre deux heures et demi, dont une heure dehors devant les grilles du gymnase.
A la vue de la file d'attente, certains se découragent, comme Emilie, déjà venue lundi pour faire immuniser ses deux petits garçons. « Je suis repartie lorsqu'on m'a dit qu'il y avait 3 h 30 de queue. Ce n'était pas gérable avec mes enfants », explique la jeune femme, qui a de nouveau rebroussé chemin hier. La plupart cependant s'arment de patience, mais portent un regard critique sur l'organisation de la vaccination. « On nous a bassinés avec la campagne et alors qu'elle vient de démarrer, ils ne savent pas réagir, rouspète Florence Guignier, venue accompagnée de sa cousine enceinte de six mois. « Elle m'a convaincue que c'était mieux de me faire vacciner, pour le bébé et pour moi. J'hésitais car mes médecins me donnaient des avis contradictoires », explique Raphaëlle. Comme elle, de nombreuses personnes, réticentes au départ, ont changé d'avis depuis le début de la campagne le 12 novembre. Ce jour-là, ce centre n'avait reçu qu'un visiteur. « Mais depuis, les bons de l'assurance-maladie sont arrivés, ce qui explique notamment que les gens affluent », indique le responsable du centre. Et la pandémie s'est véritablement déclarée. « Lundi, quatorze enfants étaient malades dans la classe de mon fils. Il ne fallait plus attendre », ajoute Florence. Pour que ces sept enfants soient vaccinés, cette Lyonnaise devra revenir plusieurs fois, selon les ordres de priorité établis par le ministère de la Santé. D'ici là, les équipes volontaires seront sans doute un peu plus rodées. « Pour mieux faire, il faudrait plus de médecins pour faire passer l'entretien médical. C'est l'étape qui prend le plus de temps », note une infirmière. W