La preuve du harcèlement moral a bien été démontrée. Hier, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné la société DHL Express à Vénissieux à 15 000 euros d'amende et l'un de ses cadres, Eric G., à 3 000 euros d'amende pour des « agissements répétés » de harcèlement moral entre 2005 et 2007. Les deux parties reconnues coupables des faits devront payer solidairement 23 500 euros de dommages et intérêts pour l'ensemble des parties civiles. Les peines sont inférieures aux réquisitions, qui s'élevaient respectivement à 25 000 euros et 5 000 euros d'amende, mais restent « très satisfaisantes » pour le représentant des trois victimes, Me Alain Duflot.
« J'espère que cette décision fera jurisprudence et montrera aux sociétés qu'il ne faut pas faire n'importe quoi avec les humains », a déclaré l'avocat à proximité de membres du comité d'entreprise de DHL émus « d'avoir gagné la bataille ». Il était reproché à Eric G., responsable du service de fret européen, d'avoir notamment instauré un « climat de pression » ou tenu des « propos insultants » en appelant ses employées « les femelles ». D'ordinaire, ces faits sont jugés devant les prud'hommes. Mais alerté par l'Inspection du travail, le procureur de la République de Lyon avait décidé de renvoyer le dossier DHL en correctionnelle. La société DHL a indiqué à 20 Minutes qu'elle se « laissait le temps » d'analyser le jugement pour savoir si elle ferait appel. W
C. B.