La pandémie de grippe A est bien là. Aux urgences pédiatriques de l'hôpital Femmes-mères-enfants de Bron, près de 650 enfants ont été auscultés ce week-end contre 400 en moyenne. « La moitié d'entre eux » présentaient des symptômes grippaux, ont indiqué hier les Hospices civils de Lyon. Depuis, six enfants sont hospitalisés en réanimation, dont une fillette dans un état jugé inquiétant.
Cet afflux a généré un délai d'attente moyen de sept heures. « Combiné à l'absence de personnel médical grippé, cela entraîne de grandes difficultés de fonctionnement du service des urgences », a expliqué Daniel Floret, responsable de l'accueil des urgences pédiatriques. Il n'était cependant pas encore question d'activer la régulation téléphonique dédiée au H1N1 aux urgences hier soir. Pour éviter l'engorgement, les équipes médicales demandent « instamment aux familles » de consulter en premier lieu leur médecin traitant et de ne « venir qu'à sa demande aux urgences pédiatriques pour les affections sérieuses ».
Paradoxalement, les personnes prioritaires à la vaccination (100 000 dans le Rhône) ne se ruent pas vers les centres mis en place par la préfecture. Hier midi, 1 885 vaccins avaient été administrés dans le département. « C'est très peu, regrette Bruno Lina, virologue et directeur du centre de référence de la grippe Sud-Est. Les gens n'en ressentent pas le besoin, car nous n'avons pas encore vraiment vu la grippe. Aux Etats-Unis ou encore en Espagne, pays qui recensent de nombreux morts, ils font la queue pour être protégés. » Selon le spécialiste, les Français vont « réagir dans l'urgence » lorsque l'épidémie sera très active dans les semaines à venir. Dans les hôpitaux, le message peine toujours à passer. Un mois après le début de la campagne de vaccination, seuls 17 % du corps médical des HCL ont été immunisés. « Les personnels soignants (infirmières, sages-femmes, etc.) ne représentent qu'un tiers des vaccinés », précise Daniel Floret. W