Il est resté silencieux. Toni Musulin, suspecté d'avoir détourné les 11,6 millions d'euros qu'il transportait le 5 novembre à Lyon à bord d'un fourgon blindé, a été présenté hier en milieu de journée au juge d'instruction en charge du « casse du siècle ». Face au magistrat, le convoyeur n'aurait guère été plus loquace qu'avec les enquêteurs de la police judiciaire. « Il a été mis en examen pour un vol, ce qu'il a reconnu, et pour une tentative d'escroquerie, ce qu'il conteste », a indiqué son avocat, Christophe Cottet-Bretonnier. Il a ensuite été transféré à la maison d'arrêt de Corbas, où il pourrait séjourner quatre mois dans le cadre de sa détention préventive. La police judiciaire peine toujours à établir le parcours de sa fuite. Est-il passé par la Serbie, d'où il est originaire, pour y cacher son butin de 2,6 millions d'euros ? « Il n'était pas en Serbie, ni avant ni après le vol », a affirmé hier un porte-parole de la police serbe à l'agence de presse Beta. Son dernier séjour remonte à mai 2009, selon les autorités serbes. Toni Musulin s'y serait rendu à bord de sa Ferrari, qu'il a ensuite déclaré volée en France. La justice soupçonne une escroquerie à l'assurance, passible de cinq ans de prison. « C'est un dossier embarrassant pour la justice. Mon client encourt seulement trois ans de prison pour le vol et n'a aucune mention à son casier. On peut donc être tenté d'enrichir le dossier », a déclaré son avocat. W
F. C.