La commercialisation du primeur 2009 débute à minuit ce soir dans toute la France. A Lyon, située à 30 km du vignoble, les drapeaux annonçant le beaujolais nouveau ne fleurissent pourtant pas. « Nous sommes les seuls à avoir accroché des banderoles dans le quartier, s'étonne Marie Thévenin, gérante du bar-restaurant Chez Potiron [7e], C'est étrange qu'il n'y ait pas plus d'animation. » L'établissement a signé cette année la charte du bistrot beaujolais, développée par l'interprofession.
Mais sur 140 adhérents, seule une trentaine sont basés à Lyon. A titre d'exemple, en 2008, la région centre-est a écoulé 955 000 bouteilles de primeur et arrive en 4e position, derrière, l'est, le nord et Paris (1,5 million de bouteilles). Le pot de côte-du-Rhône reste roi sur les tables de la ville. « Nous voulons reconquérir le public lyonnais et relancer la consommation », assure Anthony Collet, responsable marketing de l'Inter-beaujolais. Pour la première fois, une manifestation d'une semaine autour du beaujolais et ses douze crus pourrait se tenir en juin « dans un lieu central de Lyon », selon l'interprofession, où les bars et restaurants seront associés. « Il faut éduquer le consommateur et lui proposer des associations avec les mets. Bernard Pivot, originaire du Beaujolais, suggère un fleurie avec des huîtres », s'amuse Anthony Collet. Les gérants de Chez Potiron approuvent. « Une fois sur deux, on nous demande du côte-du-Rhône. Mais en insistant un peu, on arrive à faire changer d'avis les clients, assurent-ils. La dernière barrière reste le prix, assez élevé pour un vin de qualité. » Pour réduire le coût, les Thévenin n'hésitent pas à aller s'approvisionner à la source. W