On va bientôt le surnommer Toni « la carpe ». Le convoyeur de fonds villeurbannais Toni Musulin, qui s'est rendu lundi à Monaco onze jours après avoir dérobé 11,6 millions d'euros, n'a pas dit un mot aux enquêteurs de la police judiciaire de Lyon. « Depuis qu'il s'est constitué prisonnier, il se contente de refuser de répondre aux questions », a indiqué hier le procureur de la république de Lyon Xavier Richaud. Il n'a pas reconnu le vol, pas plus qu'il n'a dit ce qu'il a fait depuis sa fuite, ni où sont passés les 2,5 millions d'euros qui n'ont toujours pas été retrouvés », a-t-il ajouté, contredisant en partie les déclarations faites un peu plus tôt dans la journée par son premier substitut. Interrogé par l'AFP, Jean-François Varaldi avait annoncé que le convoyeur de 39 ans avait « reconnu les faits, mais ne les explique pas ».
Seule certitude, Toni Musulin a quitté Lyon après le vol du fourgon blindé sur une moto louée quelques jours plus tôt et a séjourné en Italie au cours de sa cavale. « Mais aucun élément ne permet de rattacher sa fuite à un quelconque autre pays de l'Union européenne », a indiqué Xavier Richaud, refusant « d'extrapoler » sur les motifs de cette reddition. « Est-il revenu en France pour être tranquille et pouvoir utiliser l'argent caché après avoir purgé sa peine, lui seul pourra nous le dire », a-t-il toutefois ajouté. Le convoyeur de fonds de la société Loomis, qui devrait être mis en examen aujourd'hui pour « vol » n'encourt que trois ans de prison. Et cinq ans pour « tentative d'escroquerie aux assurances » dans le cadre d'une autre affaire. Au printemps 2009, Toni Musulin avait porté plainte pour le vol de sa Ferrari, acquise pour 120 000 euros aux enchères. Mais la PJ a découvert qu'il s'est rendu en mai 2009 à bord du bolide en Serbie, d'où il est originaire. « Et il n'est pas revenu avec la voiture », a déclaré Xavier Richaud. W