Triste palmarès. Le centre de rétention administrative (CRA) de Lyon-Saint-Exupéry présente, selon le dernier rapport de la Cimade, l'un des « meilleurs taux de réussite d'éloignement ». Près de 52 % des 2 369 sans-papiers placés au CRA en 2008 ont été renvoyés dans leur pays d'origine, contre 37 % à Marseille ou encore 28 % au Mesnil-Amelot, le plus grand centre de France. S'ajoute 10 % de retenus réadmis dans les pays européens d'où ils provenaient.
« Le centre est considéré comme un modèle, a dénoncé hier Clémentine Bret, intervenante de la Cimade au CRA de Saint-Exupéry. Le chef de centre a une marge de manoeuvre qui lui permet d'accepter, ou pas, des étrangers interpellés. Car certains sont plus difficilement expulsables que d'autres. »
Autre particularité, 20 % des retenus ont été arrêtés en 2008 lors d'un contrôle à la frontière, en raison de la proximité de Lyon avec la Suisse et l'Italie. « C'est problématique, car les demandeurs d'asile doivent remplir leur dossier depuis le CRA. Et ne peuvent pas bénéficier des mêmes aides qu'à l'extérieur », poursuit Clémentine Bret. Face à ce phénomène, le CRA de Lyon a expérimenté à l'été 2008 un système de visioconférence. L'objectif étant d'économiser le coût d'un trajet jusqu'à Paris pour les convocations à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Ce système « vient d'être généralisé » à Lyon, selon la Cimade. « Ces entretiens se font dans un préfabriqué face à un ordinateur équipé de webcam. Cela génère un tas d'angoisses supplémentaires, avec le risque de voir sa demande plus facilement rejetée », s'inquiète Marion Huissoud-Gachet, déléguée nationale de la Cimade pour la région Rhône-Alpes. Un « pôle éloignement », expérimenté puis pérennisé l'an passé au CRA de Lyon, permet à la préfecture du Rhône de « mieux organiser » les départs des étrangers. « La rétention, est devenue la règle. C'est désormais une industrialisation de l'éloignement », s'indigne Marion Huissoud-Gachet. W