Les salariés de Bosch et Bosch Rexroth s'unissent pour sauver leurs usines, pour la première fois depuis plus de vingt ans. Quatre cents d'entre eux ont débrayé hier midi et se sont rassemblés sur le site de Bosch, à Vénissieux, à l'occasion de la venue de la direction France du groupe. Ils ont demandé « un moratoire sur les licenciements » prévus en 2010 et des garanties pour préserver l'emploi et pérenniser leurs sites.
Depuis l'automne 2008, la crise a fragilisé ces deux entreprises à l'avenir déjà incertain. Chez Rexroth, filiale du groupe allemand située sur le terrain voisin de Bosch, soixante postes doivent être supprimés. « Ce n'est pas acceptable, car notre entreprise est viable. Et lorsque la production reprendra, nous ne pourrons pas faire face à des cadences infernales avec 15 % d'effectifs en moins », s'insurge un employé. Chez Bosch, où une partie des salariés a reconduit la grève jusqu'à aujourd'hui, seule l'arrivée d'une nouvelle fabrication pourrait, selon la CGT, sauver l'usine. « Mais la direction, qui estime que nous sommes en sureffectif de 150 personnes, nous laisse dans le flou », dénonce Patrick Leymarie, délégué CGT. Guy Maugis, président de Bosch France, a promis hier aux salariés d'être « leur avocat » auprès de la direction allemande du groupe. W