« L'ennemi, c'est le virus H1N1, pas le vaccin »

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Publié le 22 octobre 2009.

Les messages d'information martelés depuis des semaines dans les hôpitaux auront-ils raison de la réticence des personnels à se faire vacciner contre la grippe A ? Dans les couloirs de l'hôpital Femme-mère-enfant de Bron, où la campagne des HCL a débuté hier matin, la question divise encore. Sébastien, praticien hospitalier en réanimation néonatale, a très naturellement pris la place du patient le temps de l'injection, réalisée par la médecine du personnel. « Nous travaillons au contact des bébés prématurés, plutôt à risque donc. Il était normal que je me vaccine pour les protéger », indique-t-il, peu inquiet des effets secondaires mis en avant par les opposants au vaccin. « Ils sont très limités par rapport aux bénéfices. »

Egalement candidate, Catherine, cadre anesthésiste au bloc de gynécologie-obstétrique, n'a pas hésité. « Il y a quelque temps, j'ai fini en réanimation après une grippe. Depuis, je me fais vacciner chaque année contre le virus saisonnier, alors il n'y a aucune raison que je ne fasse pas celui contre la grippe A. Et puis ce vaccin, j'y crois », indique-t-elle. Tous pourtant n'ont pas la même conviction. « Franchement, moi, j'ai très peu de risque de l'attraper, et vu le peu de cas de grippe H1N1 qu'il y a par rapport à la catastrophe annoncée, je ne vois pas l'intérêt de me faire vacciner », lâche une jeune infirmière. Comme elle, 80 % des employés des HCL ne devraient pas se faire vacciner, si l'on s'en réfère aux résultats enregistrés récemment pour le vaccin contre la grippe saisonnière. Des prévisions jugées insuffisantes hier par Bruno Lina, virologue aux HCL et directeur du centre de référence contre la grippe Sud-Est, soucieux que 50 % des soignants se fassent immuniser. « L'ennemi, c'est le virus H1N1, pas le vaccin. La grippe tue, le vaccin, non », a t-il répété, convaincu que les injections pourront « économiser » un nombre de cas de mortalité important. « On s'attend de cinq à dix fois plus de cas que pour la grippe saisonnière et à une mortalité deux fois plus importante. Si on laisse circuler cette maladie sans rien faire, ce sera très grave », prévient le professeur, parmi les premiers à s'être fait vacciner hier. Reste désormais à attendre la fin de la campagne, prévue dans trois semaines, pour voir si le message est passé aux HCL, où 10 000 premières doses sont disponibles. W

Elisa Frisullo
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