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Et si à la place des maisons d'arrêt de Perrache (2e) un nouveau pôle de loisirs voyait le jour ? Tel est le projet défendu par l'ingénieur Alexandre Jennan de la société Omnis Bâtiment et l'architecte Sophie Sénac, tous deux candidats à la reconversion des anciennes prisons. Dans le cadre de l'appel à idées lancé par l'Etat, cette équipe lyonnaise a imaginé de transformer ces lieux en un immense « centre d'évasion ». Un concept original né de la volonté de valoriser cette architecture pénitentiaire du XIXe siècle tout en gommant la sombre image des bâtiments carcéraux. « Durant deux siècles, cet endroit est resté inaccessible aux Lyonnais. Pour les habitants, la proximité de ces prisons a toujours été source de préjudice », indiquent les concepteurs, soucieux de voir émerger « un lieu de vie ouvert à tous ».

L'endroit rêvé accorde donc une place forte aux commerces, restos et cafés, répartis aux rez-de-chaussée de Saint-Paul et Saint-Joseph, seulement amputés des murs d'enceinte et de quelques bâtiments administratifs. « Il y a un manque cruel de commerces sur le quartier », indique Alexandre Jennan, qui a aussi prévu la création d'un passage couvert et piéton, rue Delandine, dédié aux métiers de bouche. « Mais il ne s'agit pas d'un centre commercial », précise l'ingénieur, qui imagine dans les étages supérieurs des clubs associatifs, des ateliers artistiques, une salle de sport et un grand espace de jeux pour les 5-15 ans. « Les parents feraient du shopping pendant que leurs enfants joueraient dans un espace sécurisé », poursuit-il. Mais ce projet saura-t-il convaincre les représentants de l'Etat ? Pour s'en assurer, Alexandre Jennan et Sophie Sénac ont obtenu le soutien du groupe Financière Duval, un promoteur prêt à répondre à un éventuel appel d'offres. Pour permettre cette « évasion », ce dernier devra débourser 24,7 millions d'euros pour acquérir les terrains des anciennes prisons et presque autant pour aménager ce pôle de loisirs. W

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