Pas besoin d'être issu d'un quartier favorisé pour faire de la finance. Dans les cités, pourtant, cette affirmation sonne souvent faux, tant l'accès à ce type de filières reste difficile. « On se doit de leur donner une chance, car le marché du travail juge en permanence les jeunes sur le diplôme », souligne Rodolphe Pedro, un gamin de la banlieue lyonnaise aujourd'hui à la tête de la première société indépendante de conseil en patrimoine de France. Une success story dont il souhaite faire profiter les jeunes « décrocheurs », en ouvrant au sein de l'Idrac, école de commerce lyonnaise, la première université de la finance pour la banlieue (Unifi).
Lancée hier, cette école de la deuxième chance entièrement gratuite accueillera dans les prochaines semaines une trentaine de jeunes, diplômés ou non. Jusqu'en mars, cette promo « black-blanc-beur » sera formée au métier de démarcheur financier, chargé de placer des produits d'épargne. « Nous avons le statut d'auto-entrepeneur, qui nous permet au-delà des six heures de cours hebdomadaires de commencer à travailler », explique Medhi, 20 ans et un parcours « chaotique » derrière lui. « Sans cette formation, avec mon bac pro commercial, je ne pourrais pas avoir accès à ce métier », ajoute cet élève, l'un des deux premiers déjà recrutés. D'ici à 2012, 10 000 jeunes pourraient passer par l'Unifi dans les six autres villes de France où Rodolphe Pedro aimerait s'implanter. « Nous aurons besoin de 50 000 démarcheurs demain. Et il y a 160 000 décrocheurs dans nos quartiers. Allons les chercher, indique le PDG de 36 ans. Mais si les politiques ne prennent pas leurs responsabilités, je ne pourrai pas pérenniser cette formation sur mes fonds propres. » W