« Cède terrains et bâtiments en tout genre dans le Rhône. Opportunités à saisir. » Ce type d'annonce pourrait être passée par le conseil général du Rhône, contraint de vendre une partie de son patrimoine pour s'offrir son musée des Confluences. Car plus le chantier prend du retard, plus le coût du Nuage de Cristal, dont la construction est arrêtée depuis un an après l'abandon de l'entreprise chargée du gros oeuvre (lire encadré), s'envole. Il dépasse désormais largement les 200 millions d'euros, contre 109 millions prévus en 2004.
Depuis le début du chantier en 2007, 61 millions d'euros ont déjà été injectés dans ce projet. Et pour les 175 millions encore nécessaires pour achever cet ouvrage futuriste de 21 000 m2, le chef du département et ministre, Michel Mercier s'est engagé vendredi en séance du conseil général, à tout financer « sans recourir à l'impôt ». « On paiera avec le patrimoine, solution qui a toujours été avancée pour payer le musée », a indiqué Michel Mercier, interpellé par le radical Louis Pelaez sur le coût « pharaonique » du chantier. Le département, qui a déjà dégagé quelque 137 millions d'euros de la vente d'actions et de biens immobiliers, compte se séparer de plusieurs autres propriétés. Un patrimoine situé à Lyon, Irigny, Vénissieux, Givors, Saint-Foy-lès-Lyon, ou encore Ecully. « Il n'est pas illogique de vendre de l'ancien pour faire du neuf », s'est justifié Michel Mercier, soucieux de repartir sur « de bonnes bases » dans ce dossier.
Vendredi, le conseil général a ainsi validé les offres présentées par deux groupes candidats à la reprise du chantier. De petits travaux pourraient débuter en fin d'année, mais le gros oeuvre ne reprendra pas avant l'été prochain. La livraison du musée sur pilotis, prévue initialement en 2008, puis en 2009 et enfin au terme de l'année 2010, devrait être encore largement retardée. W