Après dix semaines de grève, le conflit social semble s'être enlisé au service médical d'accueil des urgences chirurgicales de l'hôpital Edouard-Herriot. Depuis le 21 juin, les personnels paramédicaux du pavillon A, mobilisés contre la suppression de quatre postes d'infirmiers à compter du 1er octobre, n'ont rien obtenu de leur direction. « Pire, déplorent certains grévistes sous couvert d'anonymat, nous avons travaillé en sous-effectif tout l'été. Nous bénéficions d'un joli aperçu des conditions déplorables de travail qui nous attendent dès l'automne. »
Depuis le début de la grogne, les Hospices civils de Lyon (HCL) justifient la réorganisation du service par la baisse de 25 % de l'activité qu'a entraîné le transfert des urgences pédiatriques vers l'hôpital Femme-Mère-Enfant en 2008. « L'activité a diminué, mais nous commencions tout juste à retrouver des conditions de travail normales », indique une infirmière, au pavillon A depuis vingt ans. Une fois le service réorganisé, trois infirmiers s'occuperont des patients la nuit, contre quatre en temps normal, dont un chargé de l'accueil. « Les patients ne sont pas en sécurité. Je comprends qu'il faille faire des économies, mais qu'on me dise quel est le prix d'une vie », tempête un infirmier, soucieux d'être reçu par le président des HCL et maire PS de Lyon, Gérard Collomb, à ce sujet. Une nouvelle assemblée générale des personnels est prévue lundi. W
E. F.