Les imperméables boueux ont été déposés sur une chaise et les sécateurs rangés en attendant un ciel plus clément. Mardi, au château de Buffavent, la pluie aura eu raison des trente vendangeurs embauchés sur ce domaine de Denicé, où la récolte a commencé avec deux jours d'avance sur l'ouverture du ban, prévue aujourd'hui dans le Beaujolais. « Avec les récentes chaleurs, le raisin était arrivé à maturation. Nous ne pouvions plus attendre », indique le propriétaire des lieux, Denis Chilliet, producteur de vins de garde et de beaujolais nouveau.
A la vue des premiers gamays récoltés, de belle taille et mûris dans des conditions idéales, ce vigneron de 52 ans a déjà oublié la terrible récolte de 2008. Ses vignes, ruinées par la grêle, n'avaient alors donné que 100 hectolitres de vin contre les 2 000 produits habituellement. « Mais le millésime 2009 s'annonce exceptionnel, peut-être même supérieur à celui de 2005 », poursuit Denis Chilliet, propriétaire depuis peu de dix hectares supplémentaires. Un investissement qui traduit sa confiance dans le vignoble, pourtant empêtré depuis dix ans dans une crise de surproduction et peu épargné par la récession.
Sur les six premiers mois de l'année, les exportations de beaujolais, toutes appellations confondues, ont diminué de 22,08 %. Mais en France, les ventes se sont stabilisées, avec une hausse de 3,58 % des volumes commercialisés dans la grande distribution. « Le Royaume-Uni [-17,14 %] et les Etats-Unis [-24,53 %], les deux plus gros importateurs de beaujolais, nous ont pénalisés », précise Dominique Capart, président de l'Inter Beaujolais, organisme de promotion du vignoble. « Nous repartons avec un beau millésime, plus facile à commercialiser. Cela pourrait rattraper ce début d'année difficile », estime Thierry Saint-Cyr, secrétaire général de l'Union régionale des viticulteurs de Beaujolais. Des espoirs portés par tous dans le vignoble, où pour limiter la surproduction, 3 000 hectares de vignes ont été arrachés depuis 2006. « Nous devons nous restructurer, nous diversifier », poursuit-il. Cette diversification, Denis Chilliet, l'a mise en marche en plantant cette année trois hectares de nouveaux cépages de gamaret, pinot et viognier. W
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