Leur nouveau joujou a tout d'un i-Pod géant. Dans une salle aux allures de musée futuriste appelée Muséolab, une table interactive s'illumine lorsque quelques doigts s'agitent sur l'écran. Cette interface, qui permet à plusieurs personnes de participer en même temps à une activité ludique (voyages, chronologies, classification d'animaux...) est développée par les ingénieurs du centre Erasme, à Saint-Clément-des-Places. Elle devrait être testée pour la première fois en situation réelle en septembre. Ce sera au musée Barthélémy-Thimonnier d'Amplepuis, pour une exposition sur les explorateurs du XIXe siècle.
Situé au coeur des monts du Lyonnais, le centre Erasme, pôle dédié aux nouvelles technologies et financé par le Rhône, imagine « comment intégrer le numérique dans le musée du XXIe siècle, sans souris ni écran et en allant au-delà de l'audioguide, explique Yves-Armel Martin, directeur du centre. L'objectif est de revenir au réel et de dissimuler la technologie derrière les objets du quotidien. » Depuis 2005, l'établissement développe cette mission pour faire du futur musée des Confluences un établissement de référence dans ce domaine. Mais le bâtiment n'étant toujours pas sorti de terre, les équipes d'Erasme ont trouvé d'autres terrains de jeu.
A Amplepuis, le musée Thimonnier a déjà collaboré avec Erasme sur une mappemonde reliée à l'application Internet Google Earth. En appuyant avec son doigt sur un point de départ et d'arrivée, le trajet est projeté sur un écran à l'aide d'une Webcam qui détecte l'ombre de la main. Ensuite, avec une télécommande de la console de jeu Wii, le médiateur peut « se promener » dans la zone étudiée. « Nous avons utilisé la mappemonde pour une exposition sur les Inuits, explique Lætitia Valentin, médiatrice et responsable du service des publics dans ce musée. Les oeuvres exposées évoquaient très largement les traditions. Nous voulions également expliquer aux enfants qu'aujourd'hui, les Inuits ne vivent plus dans des igloos sur la banquise mais comme eux, avec des maisons, des magasins et des écoles. » L'objet, arrivé quelques mois après le début de l'exposition, est rapidement devenu l'attraction principale. « Toutes les écoles qui n'avaient pas pu bénéficier de cette visite magique ont demandé à revenir. C'est dire l'intérêt ! » W