C'est la fin d'un long imbroglio immobilier. La ville de Lyon vient enfin de vendre l'ancien château d'Antoine de Saint-Exupéry, situé à Saint-Maurice-de-Rémens (Ain). Propriété de la Caisse des écoles de Lyon depuis 1932, ce domaine de 5,5 ha a été cédé officiellement hier à la petite commune de l'Ain qui souhaite y créer un musée dédié à l'écrivain-aviateur. Montant de la transaction à l'amiable : 950 000 euros. « Cela respecte les intérêts des contribuables lyonnais, sans jouer la spéculation immobilière », a estimé Yves Fournel, adjoint au maire de Lyon en charge des Ecoles. Mais la municipalité, qui avait envisagé de le mettre aux enchères à partir de 1,1 million d'euros, prix du bien évalué par un notaire, réalise toutefois une jolie plus-value. Dès 1990, la ville avait souhaité vendre cette demeure du XVIIIe, coûteuse en entretien, où l'écrivain avait passé son enfance. Elle avait été cédée en 1997 à l'Alatfa, une association de logement de travailleurs de l'Ain, pour 426 000 euros. Décision attaquée par la mairie de Saint-Maurice, qui a obtenu gain de cause pour un vice de procédure. Car l'association était alors présidée par une adjointe de la mairie de Lyon, également membre de la Caisse des écoles. L'illégalité de la vente a été confirmée en 2008 en appel. La ville de Lyon a alors dû racheter le château 537 000 euros à l'Alatfa. Elle réalise donc un bénéfice final de plus de 400 000 euros. W
Frédéric CrouzeT