Le temps des cueillettes où les jeunes trouvaient facilement un emploi saisonnier semble révolu. Le Centre régional d'information jeunesse Rhône-Alpes (Crij), qui lance à partir d'aujourd'hui sa traditionnelle opération Jobs d'été à destination des 16-25 ans, ne proposera cette année que 3 000 offres d'emplois. Soit 40 % de moins qu'en 2008, où plus de 5 000 embauches avaient pu être concrétisées. Une baisse qui s'explique surtout par la crise économique. « Certaines entreprises attendent de savoir si la saison sera bonne pour pallier à un surcroît d'activité », explique Pierre Bertrand, directeur du Crij Rhône-Alpes.
L'optimisme est donc loin d'être de mise pour les jeunes qui ont déjà des difficultés à trouver un travail pour financer leurs études. « Depuis quatre mois, je n'arrive pas à trouver un petit boulot d'étudiant. J'espère que ce sera moins compliqué pour cet été », confie Edmund, 24 ans, en licence de gestion. Dans ce marché de l'emploi rétréci, il devra en plus faire face à la concurrence des jeunes mineurs, de plus en plus nombreux à lorgner sur les emplois saisonniers, selon le Crij.
Agé de 17 ans, Medhi vient de réussir l'épreuve théorique du BAFA et il cherche déjà un poste d'animateur dans un centre de vacances. « Il n'y a pas beaucoup de secteurs où il y a autant d'offres. En tant que lycéen, c'est le moyen le plus facile pour gagner de l'argent », raconte-t-il. Et les initiatives ne manquent pas pour décrocher un contrat à tout prix. « Les jeunes, conscients de la crise, cherchent des alternatives. De plus en plus de demandes concernent des jobs à l'étranger », constate Pierre Bertrand. D'autres, enfin, misent tout sur leurs expériences professionnelles pour faire la différence auprès des employeurs. Comme Camille, à la recherche d'un petit boulot dans la vente ou la restauration. « C'est là que j'ai le plus de chances. Je suis hôtesse de caisse le samedi et j'ai travaillé dans un restaurant l'été dernier », fait-elle valoir. W