Les «matchs de piano» jouent sur le terrain de l'humour

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Publié le 17 mars 2009.

LYON - Quatre personnes en peignoir, gants de boxe aux poignets, gravissent les marches... Reportage.

Les cuivres de la musique de Rocky retentissent. La salle s'assombrit. Quatre personnes en peignoir, capuches relevées, gants de boxe aux poignets, apparaissent dans le faisceau de la suiveuse. Ils gravissent en petite foulée les marches qui les mènent jusqu'à la scène où trônent... deux pianos quarts de queue.

Sur ce ring un peu particulier, les cordes sont de cuivre. Bienvenue au «match de pianos», nouveau concept qui mélange musique classique et improvisation théâtrale, organisé par la troupe des Pianotokés. Ce samedi-là, les deux équipes se sont données rendez-vous dans une petite salle de spectacle de Vaise (Lyon, 9e). Les bleus affrontent les rouges dans une ambiance aussi festive que décalée. Deux contre deux, ces pianistes aguerris se mesurent sur les thèmes choisis par une arbitre qui distribue à tors et à travers des pénalités. «Poésie lunaire», impose l'arbitre en maillot rayé noir et blanc en début de match. Les rouges enchaînent à quatre mains du Bach, du Mozart. Puis un des deux pianistes lâche le clavier pour des maracas. L'arbitre sanctionne cette faute de jeu. Les rouges doivent mimer la musique jouée par les bleus, Le Lac des Cygnes puis le thème de Star Wars. Eclats de rire des deux cents spectateurs qui vont devoir juger la prestation en agitant des cartons de couleur.

La «Marche turque» au rythme d'une balle de ping-pong

«Nous essayons de démocratiser la musique classique en nous servant de l'humour. Le but est d'attirer un public très diversifié, initié et profane», explique Christophe Alcocer, pianiste de l'équipe bleue. Ce prof de piano de 27 ans avait participé au tout premier match, organisé en 2005 pour la clôture du festival de la Charité-sur- Loire (Nièvre). Avec deux autres participants, issus eux aussi du conservatoire national supérieur de musique de Lyon, il a développé le concept en y ajoutant plus de dérision. Avec des pénalités farfelues, comme jouer la Marche turque au rythme d'une balle de ping-pong échangée entre les deux pianos. Le répertoire joué sur scène va désormais de Beethoven à Brahms, en passant par le générique... de la Ligue des champions. Aujourd'hui, ils sont cinq jeunes pianistes et enseignants à former la bande des Pianotokés. A mi-chemin entre le concert et le match d'improvisation, la formule séduit. La dernière représentation donnée à Lyon fin janvier a affiché complet. Et le public a finalement attribué la victoire à l'équipe des bleus.

Mélanie Collin
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