L'inspection académique a la tête qui tourne

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Publié le 23 février 2009.

En l'espace de quelques mois, trois personnes se seront succédé à la direction de l'inspection académique du Rhône. Arrivé à ce poste mi-octobre, Jacques Aubry, 62 ans, a reçu vendredi du ministère un arrêté le supendant de ses fonctions dès ce matin, « dans l'intérêt du service ». Une sanction brutale et rarissime, intervenue pour des raisons encore inconnues. « On ne m'a pas donné les griefs retenus contre moi, si ce n'est que j'aurais perdu la confiance du recteur [Roland Debbasch] », a indiqué dans les colonnes du Progrès, vendredi, l'inspecteur d'académie qui, selon certains représentants syndicaux, aurait déjà été affecté à un poste de proviseur adjoint dans un lycée lyonnais.

« J'ai fait mon travail loyalement, en respectant les consignes du ministère », ajoute Jacques Aubry, dont la sanction n'a pas manqué de faire réagir l'ancien recteur de l'académie de Lyon Alain Morvan, également limogé en 2007 pour s'être opposé à l'ouverture du lycée musulman Al-Kindi. « Je connais bien Jacques Aubry. Qu'un grand professionnel comme lui, d'une loyauté à toute épreuve, soit démis de ses fonctions par des médiocres me scandalise. Dans notre pays, nous n'avons plus besoin de fonctionnaires qui ont une personnalité, mais de gens qui font partie de la meute. Et Jacques Aubry n'est pas un courtisan », s'est-il indigné hier.

Très discret depuis son arrivée à Lyon, l'inspecteur d'académie avait commencé, ces dernières semaines, à s'exprimer davantage, notamment auprès des médias. Dans un entretien accordé à 20 Minutes le 9 février, il était même allé jusqu'à avouer ses difficultés à convaincre les maires du département à accueillir les enfants dans les écoles les jours de grève. « Je n'avais pas les moyens de remplir mes obligations de remplacement [des maîtres absents], mais je demandais aux élus d'assurer la continuité du service », avait indiqué Jacques Aubry, confronté depuis son arrivée à une importante fronde des parents et enseignants contre les réformes Darcos. « Il paye peut-être cette mobilisation », a pour sa part réagi le syndicat enseignant SNUipp, également surpris par la nouvelle. Le rectorat de Lyon est depuis vendredi injoignable sur cette affaire. ■

Elisa Frisullo
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