Le conflit s'éternise au conseil des prud'hommes de Lyon. Une majorité des 141 conseillers du collège salariés a décidé hier, lors d'une assemblée générale, de reconduire la grève des audiences entamée il y a un mois pour dénoncer un décret les « empêchant d'exercer leur mandat avec efficacité ». Ce texte, adopté en juin 2008, plafonne l'indemnisation du temps passé à la rédaction d'un jugement. Les conseillers doivent désormais demander une autorisation dès que le temps de rédaction dépasse trois heures.
Depuis un mois, aucune conciliation ni audience n'a eu lieu au sein du conseil des prud'hommes du boulevard Deruelle (3e), et plusieurs centaines de conflits sont en attente de règlement. L'unité des syndicats s'est pourtant fissurée hier. FO, la CGC et l'Unsa n'ont pas pris part au vote. Opposés au décret, ils se sont toutefois prononcés pour une reprise des audiences afin de « ne pas pénaliser davantage les salariés en période de crise ». « Si nous n'avons pas le temps nécessaire pour motiver nos décisions, nous ne rendrons qu'une justice d'apparence. Nous n'en voulons pas. La grève se poursuivra jusqu'à ce que le gouvernement propose une date de négociation », indique Bernard Augier, vice-président CGT du conseil des prud'hommes. Lors d'une manifestation à Paris le 11 février, les conseillers avaient obtenu une renégociation à la mi-avril. « Ce délai n'est pas acceptable. Nous demandons une réunion d'ici fin février », explique Bernard Augier. D'ici là, le conseil des prud'hommes de Lyon, qui règle 6 000 conflits par an, devrait rester à l'arrêt. ■