Le transfert fin avril des détenus des maisons d'arrêt de Perrache vers Corbas mettra-t-il fin à la surpopulation carcérale ? A quelques semaines de ce déménagement, cette question occupe tous les esprits. Tant du côté de la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) Rhône-Alpes-Auvergne que des personnels, « inquiets » de voir les cellules individuelles de Corbas se surcharger rapidement. « Il y a une capacité théorique de 690 places, mais il y aura la possibilité de monter jusqu'à 1 050 détenus, sachant que la majorité des cellules ont déjà été doublées », indique Pascal Rossignol, délégué régional de l'Ufap. Une information confirmée par l'administration pénitentiaire, jusqu'alors très discrète sur ce sujet. « Certains détenus demandent à être deux par cellules », précise le directeur interrégional Denis Perrin, soucieux toutefois d'éviter l'engorgement de la nouvelle prison. « Est-ce qu'on aura à nouveau une surpopulation à Corbas, Nous sommes dans l'incertitude. Mais nous faisons le pari de la limiter la plus possible. Nous avons augmenté le nombre de places en Rhône-Alpes-Auvergne », ajoute le directeur.
Les ouvertures récentes ou à venir du centre de détention de Roanne, de la maison d'arrêt de Corbas et du centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse permettront la création de 1 300 places supplémentaires. Soit 71 places pour 100 000 habitants contre 51 en 2008. Malgré tout, les capacités d'accueil restent en deçà du taux national (82 pour 100 000 habitants) et des besoins de la région. Les prisons de Lyon ont déjà accueilli jusqu'à 900 détenus pour une capacité théorique de 458 places.■