Quand l'industrie automobile s'enrhume, le secteur des poids lourd tousse aussi. Chez Renault Trucks, premier constructeur français (groupe Volvo) et principal employeur privé de l'agglomération lyonnaise, les carnets de commande de camions se sont brutalement allégés depuis septembre et les cadences de production ont sérieusement ralenti. Pour ce premier trimestre 2009, les unités de production vont subir vingt jours de chômage partiel.
Une mesure que vont connaître les cols blancs du groupe dès le 1er mars, notamment sur les sites administratifs de Vénissieux et Saint-Priest. « C'est la première fois que Renault Trucks met au chômage partiel ses employés et cadres. La violence de la crise nous y oblige. C'est la seule façon de maintenir l'emploi », explique Frédéric Mouret, directeur de Renault Trucks international.
Car les chiffres du constructeur sont dans le rouge. En 2008, les ventes globales ont fléchi de 3,8 %, alors que les indicateurs laissaient entrevoir une année record. Jusqu'en août, les immatriculations ont progressé de 16 % par rapport à l'année précédente. A partir de septembre, au début de la crise bancaire, les commandes ont alors chuté, particulièrement en Europe de l'Est et en Russie.
« Pour la France, on est aujourd'hui à 800 commandes, soit deux fois moins que l'année dernière », soupire Marc Martinez, directeur commercial France. La direction a indiqué hier, lors de la présentation de ses résultats, que des licenciements, fermetures de sites ou délocalisation « n'étaient pas à l'ordre du jour ». « L'objectif est de préserver l'emploi afin d'être prêts pour la reprise », indique Heinz Löw, directeur Europe. La direction de Volvo a cependant annoncé hier qu'elle refuserait un éventuel prêt de l'Etat français, accordé à l'industrie automobile en échange de l'engagement de ne pas licencier. « Nous ne pouvons satisfaire à des conditions comme celles-ci », a déclaré un porte-parole.■