L'heure de la victoire a sonné hier pour le café de la Cloche. En conflit depuis près de deux ans avec le propriétaire des murs pour empêcher un triplement de son loyer, le bistrot de la rue de la Charité (2e) a obtenu gain de cause. Dans une décision rendue hier, la juge des baux commerciaux a refusé la hausse de 200 % proposée par la société ANF. Propriétaire d'une grande partie de la rue de la République et de la rue de la Charité, elle avait souhaité faire passer le loyer annuel de 5 500 euros à 15 000 euros estimant que l'environnement de l'établissement avait évolué. Notamment depuis le classement du centre-ville au Patrimoine mondial de l'Unesco en 1998.
Un expert, mandaté par la société, avait jugé que la « hausse considérable » de la fréquentation touristique et l'accroissement de la population du 2e avaient « obligatoirement profité au café », situé à deux pas de la place Bellecour. Un argument démonté par la juge. « Cette évolution ne profite pas de façon similaire à tous les commerces. La rue de la Charité n'est pas un axe de circulation habituel des touristes », indique le jugement, qui fixe le loyer à 8 000 euros par an. « C'est la victoire du pot de terre contre le pot de fer », jubile Philippe Bitat, gérant de ce café de quartier ouvert depuis 1804, qui promettait hier un « open bar » pour fêter l'événement. Son commerce est le seul de la rue à avoir pu limiter sa hausse de loyer. ■F. C.