« Quand j'ai vu tous ces dégâts, j'ai pleuré. Mais maintenant il faut aller de l'avant. » Hier, pour Bernadette comme pour les autres bénévoles de l'église des Marais à Villefranche-sur-Saône, la détermination a pris le pas sur la stupeur et la tristesse, au lendemain des fortes inondations qui ont ravagé une partie du centre-ville, dans la nuit de samedi à dimanche. Entre minuit et 4 h du matin, après la crue du Morgon due aux fortes intempéries, des flots se sont déversés dans le quartier des Marais où, à certains endroits, l'eau est montée jusqu'à 1 m 50.
Hier, toute la journée , les riverains se sont attelés à évacuer la boue et, nettoyer les rez-de-chaussée, afin de faire disparaître les traces tenaces du sinistre. Derrière l'église, où les bénévoles s'affairaient à faire sécher les vêtements sacerdotaux, les livres de messes et les bancs, Jean-Gilles Raphanael, restaurateur tapissier, tentait de sauver les meubles épargnés par l'inondation. « Lorsque l'on fait mon métier, on déteste jeter. Mais là, on va avoir de gros dégâts », explique cet artisan de 40 ans, dont la vitrine a volé en éclat sous la pression de l'eau.
Depuis la crue de 1840 le niveau n'était jamais monté aussi haut. A quelques mètres de là, au bord du ruisseau qui traverse la ville, le lycée technique et professionnel Notre-Dame n'a pas été épargné. Près de 2 000 m2 de locaux ont été submergés, rendant impossible le retour des 700 élèves avant le 12 novembre. « Les dégâts se chiffrent à plusieurs centaines de milliers d'euros », soupire le directeur de l'établissement, Christophe Audard. A l'Arbresle, petite commune située au nord-ouest de Lyon, la crue de la Brévenne, déjà sortie de son lit en 1983, 2000 et 2003, a également laissé des stigmates. « Mais cette fois, c'est monté très vite et jusqu'à 2,30 m. Certains habitants ont tout perdu », explique un riverain qui, comme beaucoup d'autres hier, arpentait la commune, encore atterré par la violence du sinistre. La crue, en quelques heures, a ensevelie des voitures, envahie plusieurs commerces et habitations et emporté les barrières de protection d'une passerelle. Du jamais vu.