Gérard Collomb (PS)
Maire de Lyon et président du Grand Lyon.
De combien allez-vous augmenter les impôts des Lyonnais en 2009 ?
Rien n'est encore tranché, mais cela devrait être autour de 6 %. Cela reste raisonnable, comme par le passé, et on ne touchera plus à nos taux de fiscalité lors du mandat. Nous sommes dans une période difficile, dans laquelle on a besoin de recettes pour financer les investissements futurs.
Face à une baisse de vos recettes et une hausse des dépenses, la ville et le Grand Lyon auront-ils encore les moyens d'investir ?
On s'adapte au climat, mais en gardant un rythme de croissance élevé. A Lyon, nous avons prévu entre 90 et 100 millions d'euros d'investissements par an, contre 115 en moyenne lors du dernier mandat. Cette diminution s'explique par une baisse de nos recettes, une dotation de l'Etat en stagnation et une hausse de nos taux d'intérêt. Au Grand Lyon, où s'effectuent les dépenses qui transforment la ville, l'investissement sera de 1,95 milliard d'euros contre 1,65 milliard au dernier mandat. C'est le moment où la collectivité doit investir pour soutenir l'économie lyonnaise.
Comment allez vous faire pour garder cette marge de manoeuvre ?
Nous devrons avoir une gestion plus rigoureuse de la maison, en contenant les dépenses, notamment pour la masse salariale et le niveau des subventions. Les choix budgétaires seront plus difficiles que par le passé. Pour les subventions, certaines vont diminuer ou stagner. Nous serons sélectifs dans les attributions. Lors du dernier mandat, nous avons beaucoup augmenté le nombre de postes de titulaires. Nous visons l'effectif constant ou une moindre évolution. Le personnel sera redéployé. Certains postes ne seront pas remplacés avec les départs à la retraite, mais il y aura encore des embauches à la ville de Lyon. Quand on ouvre une crèche par exemple, il faut du personnel.
La mairie va-t-elle réduire son train de vie ?
Oui, car il faut donner l'exemple. J'ai demandé que l'administration baisse ses dépenses. On va aussi veiller aux voyages à l'étranger, qu'ils soient utiles et rapportent à la ville de Lyon.
Des projets seront-ils affectés par cette crise ?
Il n'y aura pas de coup de frein sur les investissements par rapport au précédent mandat, sauf en cas de grave récession. Quelques projets pourraient être affectés, mais rien de significatif. Nous ferons bien les aménagements des rives de Saône, du tunnel de la Croix-Rousse, du pont Schuman, de l'Hôtel-Dieu, de la rue Garibaldi, du parc Sergent-Blandan, du quartier Mermoz, de la Duchère. La place des Terreaux sera requalifiée et nous allons investir sur les modes doux et la zone 30...
Il y a pourtant des incertitudes concernant le remonte-pente cyclable du tunnel de la rue Terme et le plan piscine ?
Pour le remonte-pente, j'hésite encore. C'est un projet très emblématique mais qui coûte 15 millions d'euros. C'est cher. J'en ai envie, mais il faut regarder la réalité des chiffres. Quant au réaménagement de la piscine du Rhône, pour qu'elle puisse ouvrir toute l'année, c'est un projet que je veux garder.
Quel bilan faites-vous de ces six premiers mois marqués par des revers, comme la contestation du projet de Grand Stade ou l'échec de Lyon 2013 ?
En six mois, nous avons impulsé une nouvelle dynamique. La grande différence avec le précédent mandat, c'est qu'il n'y a pas eu d'absence de continuité. On n'a pas l'impression d'une ville arrêtée. Et il n'y a pas eu de revers. Le stade continue à avancer. On obtiendra gain de cause, et il se fera. Et je souhaite bon vent à Marseille, capitale européenne de la culture en 2013, compte tenu de l'état de leurs finances locales. Ce n'est pas un échec. Personnellement, je n'ai jamais cru que Lyon serait choisie car j'ai toujours pensé que cette décision serait très politique.